Des eurodéputés de plusieurs groupes politiques ont adressé une lettre ouverte à la Commission européenne pour demander la levée du secret qui entoure l'empreinte environnementale des centres de données. Ils estiment que les informations sur la consommation énergétique et hydrique de ces infrastructures, ainsi que leurs émissions de gaz à effet de serre, sont cruciales pour permettre une régulation efficace.
Un appel à la transparence
Dans leur lettre, les parlementaires soulignent que les data centers sont devenus des infrastructures critiques pour l'économie numérique, mais leur impact environnemental reste largement opaque. Ils pointent du doigt le secret industriel qui empêche les autorités et le public d'accéder à des données essentielles. Selon eux, cette opacité entrave la mise en œuvre des objectifs climatiques de l'Union européenne.
Les données demandées
- Consommation d'électricité et d'eau
- Emissions de CO2 directes et indirectes
- Utilisation d'énergies renouvelables
- Efficacité énergétique (PUE)
Les eurodéputés estiment que ces informations devraient être rendues publiques pour chaque centre de données, afin de permettre une comparaison et une incitation à l'amélioration.
Une régulation nécessaire
La lettre intervient alors que la Commission européenne prépare une révision du règlement sur l'écoconception et l'étiquetage énergétique. Les signataires demandent que les data centers soient inclus dans ce cadre réglementaire, avec des obligations de transparence renforcées. Ils rappellent que ces infrastructures représentent déjà près de 2% de la consommation électrique mondiale et que ce chiffre est en forte croissance.
Les eurodéputés appellent également à une meilleure prise en compte de l'impact environnemental des data centers dans les politiques de financement et d'investissement de l'UE. Ils suggèrent que les critères de durabilité soient intégrés dans les appels d'offres publics pour les services cloud.
Réactions des acteurs du secteur
Les associations professionnelles du secteur numérique ont réagi avec prudence. Certaines reconnaissent la nécessité de plus de transparence, mais mettent en garde contre des obligations trop lourdes qui pourraient nuire à la compétitivité. D'autres acteurs, comme des ONG environnementales, saluent cette initiative et espèrent qu'elle aboutira à des mesures concrètes.
La Commission européenne n'a pas encore officiellement répondu à la lettre. Cependant, des sources indiquent que le sujet est à l'étude et que des propositions pourraient être présentées dans les prochains mois. Les eurodéputés comptent suivre ce dossier de près et interpeller régulièrement l'exécutif européen.



