La chanson des années 90 le rappelait, mais aujourd'hui, le plastique n'a rien de fantastique. Il ne se dégrade jamais complètement, se transformant en particules de moins de 5 mm : les microplastiques. Plus de 24 000 milliards de ces particules flottent dans les océans, perturbant gravement les organismes marins.
Une association étudiante engagée
Pour lutter contre cette pollution invisible, l'association étudiante Sea Plastics a été créée en 2016 par trois élèves d'AgroParisTech. Chaque année, elle organise une expédition de plusieurs mois à bord d'un voilier pour documenter le fléau et sensibiliser le public. En 2026, pour les dix ans de l'opération, un équipage 100 % féminin a pris la mer.
Escale à Menton
Parties du Cap d'Agde en avril, Cassie, Mathilde, Joanne, Marion et Léna ont fait escale à Menton les 13 et 14 juin 2026. Accueillies par le Lions Club de Menton, qui leur a alloué 1 000 euros, elles ont animé une conférence et un atelier de sensibilisation. Leur expédition se déroule en deux boucles, couvrant les eaux françaises, espagnoles et italiennes.
« Nous sommes parties de Saint-Raphaël le 2 juin, dans l'idée d'aller jusqu'à Rome. Nous sommes attendues à Marseille fin juillet pour le Delta festival », explique Marion. En mer, l'équipe collecte des échantillons pour les laboratoires ; sur terre, elle organise des actions de sensibilisation, notamment dans les écoles.
Des outils pédagogiques variés
Sur leur stand à Menton, les étudiantes ont présenté du matériel pédagogique : filet de prélèvement, tubes prêtés par Tara Océan, jeu sur le temps de dégradation du plastique, et microscope pour observer le plancton. « On voit rapidement des fibres de microplastique, ce qui permet de faire le lien entre vie invisible et pollution invisible », souligne Marion. Dans les écoles, les interventions sont interactives, avec jeux et quiz, pour sensibiliser sans être moralisateur.
Des profils d'excellence
Les cinq étudiantes viennent de filières d'excellence : AgroParisTech, Institut Agro Montpellier, Centrale Lyon, master en écologie tropicale marine, et master en biodiversité. « Notre force est d'être complémentaires : ensemble, nous avons des connaissances sur les polluants, la biodiversité, la conciliation... », explique Marion. Leur présence inspire les jeunes filles à s'engager dans les sciences.
La Méditerranée, une mer riche mais polluée
La Méditerranée couvre moins de 1 % de la surface océanique mais concentre 10 % de la biodiversité marine mondiale et 7 % des microplastiques mondiaux. En été, les débris marins augmentent de 40 %, en raison du tourisme. Sea Plastics contribue à la recherche : depuis 2022, elle prélève des échantillons pour OceanEye, qui produit une carte interactive des concentrations de pollution, transmise au programme des Nations unies pour l'environnement.
Nouveaux protocoles pour l'expédition anniversaire
Cette année, l'équipage étend ses études à deux nouveaux protocoles : un hydrophone pour capter les sons des cétacés (avec Astrolabe expéditions) et des capteurs passifs d'ADN environnemental pour identifier les mammifères marins. « Cette méthode innovante détecte les traces génétiques sans être invasive », précise Cassie.
Les jeunes scientifiques reprendront la mer le 15 juin 2026, cap sur Rome, avant de rejoindre Marseille fin juillet pour le Delta festival.



