Rat pygmée à longue queue : réservoir du hantavirus Andes
Rat pygmée : réservoir du hantavirus Andes

Le rat pygmée à longue queue, Oligoryzomys longicaudatus, est un réservoir naturel du hantavirus, en particulier de la souche Andes. Ce rongeur, endémique d'Amérique du Sud, est soupçonné d'être responsable du décès de plusieurs passagers d'un bateau de croisière. Longtemps mal connu, il fait l'objet d'études écologiques depuis 1995, date du premier cas d'infection humaine à hantavirus, permettant de tracer son portrait-robot et les conditions favorisant sa transmission à l'humain.

Un rongeur exclusivement sud-américain

Le rat pygmée de rizière à longue queue vit exclusivement en Argentine et au Chili. Il peut transmettre le hantavirus Andes (ANDV) aux humains par inhalation d'aérosols de ses urines, fèces ou sécrétions. Il est le principal réservoir animal de ce virus, qui a fait la une après la mort de plusieurs passagers du bateau de croisière Hondius.

Description et classification

Décrit en 1832 par le naturaliste britannique Edward Turner Bennett, ce rongeur a une longue queue écailleuse à poils courts, une fourrure douce brun-jaune, des lèvres blanches, de longues moustaches noires et argent, et des oreilles rondes. Initialement classé comme Mus longicaudatus, il a été intégré dans le genre Oryzomys en 1894, puis dans le genre Oligoryzomys en 1900. Malgré son nom, il n'est ni particulièrement petit ni résident des rizières.

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Écologie et comportement

Connu sous le surnom de « raton colilargo » au Chili, ce rongeur fait partie de la famille des Cricetidae. C'est la deuxième famille la plus diversifiée des rongeurs après les Muridae. Le genre Oligoryzomys se rencontre exclusivement en Amérique centrale et australe, du Mexique à la Patagonie. Le rat pygmée des rizières à longue queue est la plus grande espèce du genre, avec un corps de 9 à 12 cm et une queue de 11 à 13 cm, pour un poids de 33 à 50 g.

Habitat et alimentation

Il vit dans les forêts tempérées patagoniennes de Nothofagus et de bambous, où il est le rongeur le plus abondant. Il fréquente aussi les steppes herbeuses, les bordures de champs cultivés et les zones péridomestiques, mais jamais à l'intérieur des maisons. Il est nocturne et terrestre, capable de grimper jusqu'à 3 mètres. Omnivore, il se nourrit principalement de graines, fleurs et fruits, mais aussi d'insectes, de vers et de champignons.

Dynamique des populations et reproduction

Des augmentations brutales de population, appelées « ratadas », surviennent lors de la floraison cyclique des bambous (tous les 12 à 14 ans) ou après des épisodes de forte pluviosité et des étés chauds liés à El Niño. On peut alors compter jusqu'à 100 individus par hectare, contre 5,7 en moyenne. En période de sécheresse (La Niña), les populations peuvent disparaître localement. La durée de vie est d'environ un an. La reproduction a lieu toute l'année avec un pic au printemps et en été ; les femelles ont 5 à 7 petits par portée, trois à quatre fois par an.

Compétition entre mâles et circulation du virus

Les territoires des mâles (jusqu'à 9 000 m²) sont plus grands que ceux des femelles (200 à 3 400 m²). La compétition pour l'accès aux femelles est forte : seulement 40 % des mâles s'accouplent. Les mâles portent souvent des cicatrices de combats violents. Cette compétition favoriserait le maintien du hantavirus Andes dans la population, car les mâles s'infectent par toilettage et morsures. Au Chili, 8 % des rongeurs sont positifs au virus, avec un maximum en hiver et au printemps. Les mâles avec cicatrices sont dix fois plus infectés que les autres.

Transmission à l'humain

La transmission se fait par inhalation d'aérosols d'urine, de fèces ou de sécrétions. Les fermiers et forestiers sont des groupes à risque. La probabilité de trouver un rongeur positif est deux fois plus élevée dans les zones péridomestiques que dans les pinèdes. En Argentine, les cas de syndrome pulmonaire à hantavirus (HPS) sont corrélés aux périodes de pullulation du rongeur.

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Perspectives

Présent depuis le Pléistocène, ce rongeur a coévolué avec les forêts natives. Les changements climatiques, la transformation des paysages, la fragmentation des forêts, l'augmentation du tourisme, des feux de forêt et des événements El Niño/La Niña sont autant d'inconnues pour l'avenir de l'espèce et du virus qu'elle héberge.