Les puits de carbone forestiers en France, essentiels pour atteindre la neutralité carbone en 2050, sont gravement menacés par le changement climatique et la surexploitation. Selon le dernier rapport du GIEC, la capacité d'absorption des forêts françaises a chuté de 30% depuis 2010.
Un déclin alarmant
En 2022, les forêts françaises ont absorbé environ 50 millions de tonnes de CO2, contre 70 millions en 2010. Cette baisse est due à une combinaison de facteurs : sécheresses répétées, attaques de scolytes, tempêtes et une gestion forestière intensive.
« Les forêts sont nos alliées naturelles contre le réchauffement, mais elles souffrent elles-mêmes de ses effets », explique Jean-Pierre Vigouroux, responsable du pôle forêt à l'Office national des forêts (ONF).
Objectif 2050 compromis
La Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) prévoit que les puits de carbone forestiers doivent absorber 100 millions de tonnes de CO2 par an d'ici 2050. Avec la tendance actuelle, cet objectif semble hors de portée.
« Nous risquons de perdre un quart de notre capacité d'absorption d'ici 2030 si rien n'est fait », alerte le rapport. Les experts appellent à une gestion plus durable, incluant la diversification des essences et une réduction des coupes rases.
Un enjeu européen
La situation française reflète une tendance européenne. En Allemagne, les puits de carbone forestiers ont diminué de 40% depuis 2018. La Commission européenne a proposé un règlement pour renforcer les puits de carbone naturels, mais les mesures restent insuffisantes selon les ONG.
« Il faut urgemment protéger les forêts anciennes et limiter l'exploitation industrielle », souligne Sylvie Monier, de l'association Canopée.
Des solutions possibles
Parmi les pistes : la plantation d'essences plus résistantes, la mise en place de réserves intégrales et une meilleure gestion des sols forestiers. Le gouvernement a annoncé un plan de 200 millions d'euros pour la forêt, mais les critiques pointent un manque d'ambition.



