Grippe aviaire : le virus H5N1 de retour en France malgré les efforts
Grippe aviaire : le virus H5N1 de retour en France

Malgré des mesures de biosécurité renforcées et une surveillance accrue, le virus de la grippe aviaire H5N1 hautement pathogène est de retour en France. Selon le ministère de l'Agriculture, plusieurs foyers ont été détectés ces dernières semaines, principalement dans le Sud-Ouest, une région déjà durement touchée lors des épisodes précédents.

Une résurgence inquiétante dans le Sud-Ouest

Le premier foyer a été confirmé le 20 juin dans un élevage de canards du département du Gers. Depuis, six autres cas ont été signalés dans les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et le Tarn-et-Garonne, portant à sept le nombre de foyers actifs en France. Les analyses effectuées par le laboratoire national de référence ont confirmé la présence du sous-type H5N1, identique à celui qui avait provoqué une crise majeure en 2021-2022.

« Le virus circule toujours dans l’environnement, notamment via les oiseaux migrateurs, et les conditions climatiques actuelles semblent favoriser sa persistance », explique le Dr. Sophie Le Pavec, virologue à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire). « Nous devons rester extrêmement vigilants, car le risque de propagation est élevé. »

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Des mesures d’abattage et de zonage déjà en place

Dès la détection des premiers cas, les autorités ont mis en œuvre des mesures de contrôle strictes : abattage préventif des animaux dans un rayon d’un kilomètre autour des foyers, restriction des mouvements de volailles, et renforcement de la biosécurité dans les élevages. Une zone de surveillance élargie a été établie sur plusieurs départements, concernant près de 200 élevages.

« Nous avons tiré les leçons des crises précédentes », déclare Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture. « Les protocoles d’intervention sont désormais rodés, mais chaque nouveau foyer nous rappelle la fragilité de notre situation. » Le coût des mesures de lutte contre la grippe aviaire a déjà dépassé 1,2 milliard d’euros depuis 2021, selon les chiffres du ministère.

Impact sur la filière avicole et la consommation

La filière avicole française, déjà fragilisée par l’inflation et la concurrence étrangère, redoute une nouvelle crise économique. Les exportations de volailles vers les pays tiers, notamment en Asie, pourraient être suspendues si la situation s’aggrave. « Les éleveurs sont épuisés moralement et financièrement », témoigne Jean-Pierre Métais, président de la Fédération des producteurs de volailles. « Nous avons besoin d’un soutien massif de l’État pour faire face à ces épisodes récurrents. »

Pour l’instant, aucun cas de transmission à l’homme n’a été signalé en France, mais les autorités sanitaires rappellent que le risque existe, bien que faible. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) suit de près la situation, d’autant que des cas humains ont été rapportés dans d’autres pays.

Des appels à une stratégie de long terme

Face à la persistance du virus, des voix s’élèvent pour réclamer une révision en profondeur des méthodes d’élevage. « La concentration des élevages et les circuits de production intensifs créent des conditions idéales pour la propagation du virus », estime Claire Nouvian, militante écologiste. « Il est temps d’investir dans des modèles plus résilients, comme l’élevage en plein air et la diversification des espèces. »

Le gouvernement a annoncé le lancement d’un plan de vaccination des volailles, mais sa mise en œuvre est complexe et coûteuse. « La vaccination est un outil supplémentaire, mais elle ne remplacera jamais une biosécurité rigoureuse », prévient le ministère. En attendant, les éleveurs et les autorités restent en alerte, conscients que le virus H5N1 pourrait devenir endémique en France.

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