Quand les entreprises donnent une voix à la nature pour protéger la biodiversité
Donner une voix à la nature : une nouvelle ère pour les institutions

Le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité poussent certaines institutions et entreprises à repenser leur façon de prendre des décisions. Pour que tout ne tourne plus uniquement autour des humains… et pour se protéger. C’est le cas de l’université Lyon-I, où un membre est chargé de « parler pour le loup » et représenter les intérêts de la nature dans les prises de décisions.

Une initiative unique en France

Chaque conseil d’administration de l’université Lyon-I s’ouvre sur une question très sérieuse : « Qui parle pour les loups ? » Nous ne sommes pas dans un cercle de retraite new age, et le carnassier n’est pas non plus entré dans la ville. Dans cet établissement public qui accueille 50 000 étudiants, spécialisé dans la science et les technologies, le loup est convoqué de façon allégorique aux réunions mensuelles. Par cette question, celui qui préside la séance invite l’un des 28 membres autour de la table à se faire le porte-parole de la nature : quelles sont les conséquences possibles d’une décision sur les ressources limitées de la planète, sur la biodiversité ou encore le climat ?

Une décision unanime

Avant cette initiative singulière, décidée à l’unanimité en juillet 2025, « on ne tenait jamais compte du reste du vivant dans nos discussions, comme si c’était hors de nos radars », raconte Gilles Escarguel, paléontologue et vice-président de l’université. Cet enseignant-chercheur, qui travaille sur les écosystèmes anciens, a proposé cette méthode pour intégrer les enjeux écologiques au cœur de la gouvernance. Depuis, chaque décision est examinée sous l’angle de son impact sur la nature, ce qui a déjà conduit à modifier certains choix, comme l’orientation des investissements immobiliers ou la gestion des espaces verts du campus.

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Un mouvement plus large

L’université Lyon-I n’est pas un cas isolé. Plusieurs collectivités et entreprises en France et à l’étranger expérimentent des dispositifs similaires, comme la nomination de « défenseurs de la nature » ou la création de comités consultatifs intégrant des représentants du vivant non humain. Ces initiatives visent à répondre à une prise de conscience croissante : les décisions humaines ont des conséquences directes sur les écosystèmes, et il est urgent de les prendre en compte pour assurer un avenir viable. « C’est une façon de se protéger nous-mêmes, car notre santé et notre économie dépendent de la santé de la planète », explique un expert en écologie politique.

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