À Saint-Jean-d'Août, des écoliers reconnectés à la nature grâce à une aire éducative terrestre
Des écoliers reconnectés à la nature via une aire éducative

Depuis novembre 2025, les élèves de CM1 et CM2 de l'école de Saint-Jean-d'Août se reconnectent à la nature lors d'activités et ateliers menés sur une aire éducative terrestre, située sur le chemin de halage. Ces séances mensuelles sont portées par le Syndicat Adour Midouze (SAM) et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Un projet pédagogique immersif

Le principe de l'aire éducative terrestre est simple : sortir de la classe pour apprendre en pleine nature. Une fois par mois depuis novembre 2025, les 36 élèves de CM1 et CM2 quittent leur établissement scolaire pour se rendre à cinq minutes de là, sur le chemin de halage. Ils sont accompagnés par deux animatrices du SAM, Mélyne Galy et Alice Tastet, ainsi que par des enseignants et des Atsem.

Le site a été choisi par les élèves eux-mêmes parmi plusieurs propositions du syndicat : la confluence du Midou et de la Douze, le chemin de halage et les berges devant le CaféMusic. « Ils les ont visités et analysés selon une dizaine de critères très simples, comme la beauté des lieux, la propreté du site, les bruits alentour ou la fréquentation », explique Mélyne Galy. « En classe, nous avons comparé tous ces critères, ce qui les a vraiment mis en position d'observation, à la manière d'un technicien. » Le choix final a été entériné par un vote en salle du Conseil municipal de Mont-de-Marsan, « comme font les grands ».

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Des activités variées pour découvrir la nature

La mission des écoliers : découvrir, observer et protéger ce petit espace naturel, en autonomie, dans le cadre d'activités et d'ateliers mis en place par les animatrices du syndicat. Le projet est subventionné à hauteur de 5 000 euros pour deux ans par l'OFB.

Les élèves ont déjà bénéficié de neuf séances de deux heures chacune en bord de rivière. « Au début, Mélyne nous dit sur quoi on va travailler, et après on va sur le site », raconte Paul, élève de CM1. « On a fabriqué notre mascotte, un bateau en bois que l'on posera à côté de nous pendant les activités – pas sur l'eau, sinon il se fera emporter. On fait des activités très sympas. J'aime la nature, donc c'est super. »

Les écoliers ont notamment découvert l'histoire du chemin de halage, où jadis les bœufs tiraient les bateaux, étudié le cycle de l'eau et la ripisylve, c'est-à-dire l'ensemble de la végétation des berges. Tilleuls, chênes sessiles, aulnes glutineux, saules blancs, ormes, érables negundo, robiniers faux-acacia ou laîche à épis pendants n'ont plus de secrets pour eux. « Il y a bien plus de choses qu'on ne le croit sur les berges », résume l'animatrice. Les élèves ramassent également les déchets qu'ils trouvent, pratiquant ainsi l'écocitoyenneté.

Une évolution notable des enfants

« Il y a une vraie évolution des enfants entre le mois de novembre et aujourd'hui. Ce n'était pas gagné, même s'il y a des éléments moteurs. Nous sommes sur une école urbaine, on voit vite la différence avec les écoles de villages », observe Mélyne Galy. Le défi était aussi de les faire quitter les écrans pour un écrin de nature. « Il y avait une volonté de reconnecter les enfants qui vivent en ville à la nature, je pense qu'on y arrive. »

Tout le travail réalisé par les élèves fait l'objet d'un suivi assuré par l'OFB via une plateforme qui retrace les séances, avec comptes rendus et photos. « Ce travail va aussi nous servir, au syndicat, notamment celui sur la ripisylve, ça peut donner des possibilités de gestion par la suite », ajoute l'animatrice.

Transmission et pérennité du projet

Il ne reste plus qu'une séance, fin juin, pour clore cette première année d'aire éducative terrestre. « On fera une séance de passation lors de laquelle les CM1 et CM2 expliqueront tout ce qu'ils ont vu et appris sur le site cette année aux CE2 qui arriveront l'an prochain sur le projet », explique Mélyne Galy. Ainsi, la transmission de ce petit écrin de nature se poursuivra, grâce à l'engagement des élèves et des acteurs locaux.

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Le Syndicat Adour Midouze

Le Syndicat Adour Midouze, né de la fusion du Syndicat du Bassin versant de la Midouze et du Syndicat du Moyen Adour landais le 1er janvier 2022, est compétent en matière de gestion des cours d'eau et milieux aquatiques, préservation et valorisation des éléments patrimoniaux liés aux hydrosystèmes Adour et Midouze, ainsi que de sensibilisation et communication auprès des élus, scolaires et du grand public. Il gère 2 000 kilomètres carrés de bassin versant et 2 000 kilomètres de cours d'eau sur 112 communes landaises, avec onze intercommunalités membres.