Une couche d'algues vertes recouvre certaines zones de la Brague à Antibes et de la Frayère à Cannes, suscitant l'inquiétude de l'association de sauvegarde de l'environnement de Biot. Francine Begou-Pierini, présidente honoraire de l'association, décrit « une moquette verte d'algues filandreuses » et une « odeur fétide » dans les zones les plus denses. Elle craint une toxicité liée à la décomposition des algues et évoque le souvenir d'une pollution grave survenue il y a trois ans, due à des rejets d'eaux prétraitées par Suez.
Des soupçons de rejets non conformes
Begou-Pierini soupçonne que la prolifération actuelle pourrait provenir de la station d'épuration de Plascassier à Châteauneuf-Grasse, bien qu'elle admette n'avoir « aucune preuve à ce jour ». Selon elle, « généralement, ce phénomène provient des stations d'épuration des eaux usées, qui entraînent une prolifération d'algues en chargeant la Brague en nutriments, favorisant l'eutrophisation ».
En revanche, la communauté d'agglomération Cannes Lérins (CACPL) écarte cette hypothèse pour la Frayère, affirmant que le développement des algues est « favorisé durant la période estivale par la combinaison de températures élevées, d'un fort ensoleillement et d'un faible débit du cours d'eau ». Elle qualifie le phénomène de « naturel et récurrent, observé chaque année ».
La canicule précoce pointée du doigt
La Communauté d'agglomération Sophia Antipolis (Casa) partage cet avis : « Cette année, la canicule particulièrement précoce ainsi que les très faibles débits observés depuis le printemps ont créé des conditions favorables à leur apparition plus tôt dans la saison. » L'intercommunalité note que l'invasion est « beaucoup plus limitée dans les portions ombragées du cours d'eau » et écarte « tout lien entre ce phénomène et une pollution accidentelle particulière ».
La Casa insiste sur la conformité des stations d'épuration : « Les stations d'épuration situées en amont, notamment celles des Bouillides et de Châteauneuf, rejettent des eaux traitées strictement conformes aux normes en vigueur fixées par les arrêtés préfectoraux. À ce jour, aucun dysfonctionnement, épisode de saturation ou de débordement de ces installations n'a été identifié. »
Des opérations de nettoyage et de renaturation
Bien que les algues « disparaissent aux premières pluies », selon la CACPL, l'agglomération cannoise nettoie régulièrement ses rivières. Depuis 2016, « 670 km de vallons et cours d'eau publics communautaires ont été nettoyés et plus de 353 tonnes de déchets naturels et anthropiques ont été retirées ». À Antibes, des opérations de renaturation sont en cours pour « restaurer durablement les fonctionnalités naturelles » de la Brague.



