Depuis quelques jours, de Hyères à Collobrières, le massif des Maures fait grise mine. La végétation est attaquée par une chenille particulièrement gloutonne que rien n’arrête. Les contreforts hyérois des Maures sont méconnaissables. La végétation semble brûlée après le passage de la chenille.
Un tapis de chenilles
De loin, on voit que les collines sont un peu plus ternes que d’habitude. Sur les crêtes, les arbres laissent passer la lumière et les troncs se découpent dans le ciel. De près, c’est un peu lugubre. La forêt est en hiver. Comme si le feu venait de passer. Depuis quelques jours, le massif des Maures a mauvaise mine. Pas besoin d’aller bien loin pour en trouver la cause. Elle est sur le sol. Un véritable tapis de chenilles ne laisse aucun doute sur l’origine du sinistre.
« Le massif des Maures, dans le Var, fait actuellement l’objet d’un épisode de pullulation de chenilles du papillon Bombyx disparate (Lymantria dispar), confirme dans un communiqué la direction régionale de l’alimentation, l’agriculture et de la forêt. La présence de ces chenilles peut entraîner une défoliation massive des peuplements de feuillus, affaiblissant les arbres sans toutefois provoquer à elle seule leur mort. »
Épisodes à répétition
L’administration ajoute que le « massif des Maures est régulièrement touché par des pullulations de chenilles de Bombyx disparate, une espèce présentant des cycles naturels d’augmentation de population. Ces épisodes s’étendent généralement sur deux à trois ans, avant une régulation naturelle due au parasitage et à la prédation ». L’office national des forêts complète en assurant que « les pics de pullulation apparaissent tous les 8 à 12 ans » et présente des exemples de forêts retrouvant la verdure en quelques semaines.
Sur les contreforts hyérois des Maures, les observateurs ayant la mémoire des collines assurent ne pas avoir vu d’attaque aussi massive depuis au moins une vingtaine d’années. « En 2025, le secteur de Bormes-les-Mimosas avait été particulièrement affecté, avec une défoliation couvrant plus de 2 500 hectares, rappelle cependant la DRAAF. La dernière pullulation importante dans le Var datait de 2019, avec environ 4 200 hectares impactés. » La Corse a aussi été victime de l’animal qui avait grignoté 20 000 hectares.
Des ravages mais pas de poils urticants
S’il est réservé sur la suite, le Pôle interrégional du Département de la Santé des Forêts (DSF) Sud-Est se veut en revanche rassurant sur l’absence de risque sanitaire. « Contrairement au Bombyx cul-brun et aux chenilles processionnaires du pin et du chêne, les chenilles de Bombyx disparate ne possèdent pas de poils urticants : elles ne présentent donc pas de risque pour la santé humaine. » Attention cependant, la présence de chenilles bombyx n’interdit pas la possibilité de rencontrer en même temps d’autres espèces de chenilles urticantes.
Laisser faire
La DRAFF précise enfin qu’il n’existe « pas de solution de traitement à grande échelle pour les peuplements forestiers ». Selon elle, les populations de chenilles « se régulent naturellement, du fait de la diminution des ressources alimentaires et de l’augmentation du nombre de prédateurs (oiseaux, autres insectes, etc.) ».



