Ça y est, le printemps est là et les vitrines des pharmacies se parent de publicités pour les crèmes solaires, tandis que les influenceuses beauté rappellent sur Instagram l'importance d'une protection UV sous la crème de jour. La protection solaire n'a jamais été un sujet aussi brûlant, d'autant que les crèmes commencent à laisser place à d'autres moyens photoprotecteurs.
L'essor des textiles UV en France
Tout a commencé dans les années 2000 sur les plages du Pays basque, avec des surfeurs à la peau tannée. Ce n'est pas le début d'une romance, mais l'apparition des textiles UV en France. À l'époque, Décathlon lance des tee-shirts conçus pour protéger les sportifs des rayons UV. Une technologie toujours d'actualité, comme l'explique Maider Ugartemendia, experte chez Décathlon : « La protection UV vient de deux choses : la structure du fil et le tissage. Le maillage est très serré pour bloquer les rayons et ne pas se déformer, même mouillé. Le fil est mat, ce qui renvoie les UV. » C'est ce qui différencie ces textiles du coton classique, qui laisse passer la lumière et donc les ultraviolets. « Quand vous mouillez un tee-shirt classique, ça devient une passoire à UV », précise-t-elle. Aujourd'hui, la plupart des textiles anti-UV promettent une protection UPF 50, protégeant la peau à 98 % tout en assurant une bonne respirabilité, sans nécessiter de réapplication toutes les deux heures.
Crème solaire et textile : une combinaison déconseillée
Céline Couteau, docteure en pharmacie et spécialiste en cosmétologie, confirme l'efficacité des mailles serrées. Mais elle met en garde contre la combinaison crème solaire et textile technique : « Si vous mettez votre crème solaire sous ce type de vêtement très occlusif, vous favorisez la pénétration des filtres UV dans la peau et dans la circulation sanguine. C'est l'un ou l'autre, pas les deux. »
Les pays asiatiques, pionniers de la protection UV
Sans surprise, les pays asiatiques ont été pionniers. En Chine et au Japon, où la peau de porcelaine est un critère de beauté, les textiles anti-UV font partie du vestiaire quotidien depuis longtemps. Eloïse Touroute, chef de collection chez Aigle, indique que « 50 % de la collection printemps-été en Asie est anti-UV. Ce sont des exigences des clients asiatiques. » Le facekini, qui bloque les rayons du soleil, les méduses et les algues, est populaire sur les plages de Qingdao. Si ces images ont fait le tour du monde, elles caricaturent l'obsession asiatique pour la protection solaire. En réalité, ces textiles sont intégrés dans la garde-robe quotidienne et suivent les tendances.
Des vêtements adaptés à un usage quotidien en Europe
Forte de son expérience asiatique, Aigle lance SolarPack, une collection d'une dizaine de pièces pour hommes et femmes, à porter en ville ou à la montagne. « On a trouvé le bon timing. L'idée est de marquer le coup car le client n'est pas encore au fait de ce produit. Il fallait quelque chose de visible et adapté à l'usage », explique Sophie Geisselmann, directrice communication globale. Les coloris s'inspirent de la nature et des couchers de soleil, avec des coupes amples et confortables. Décathlon a aussi revu le design de ses vêtements sportifs pour un usage urbain. « On voit une accélération du business depuis cinq ans, avec des croissances à deux chiffres. Ce n'est plus une punition de se protéger du soleil grâce à des collections qui ressemblent à des T-shirts classiques avec de jolis imprimés », se réjouit Maider Ugartemendia. Sophie Geisselmann ajoute : « On en est aux balbutiements en Europe, mais on veut être là au début. Cela s'installe durablement dans les collections. »



