Le Girondin Alexandre Déchelotte est le cofondateur de l’ONG environnementale Plastic Odyssey. Le bateau éponyme de 40 mètres, spécialisé dans la sensibilisation du public et le recyclage du plastique, fait escale à Bordeaux à partir du samedi 25 avril, puis à La Rochelle le 8 mai.
Un constat alarmant sur la pollution plastique
Le plastique, ce n’est pas si fantastique, surtout quand on sait que 6 milliards de tonnes de ce matériau synthétique ont été produites depuis un siècle et que 5 milliards de ces tonnes errent dans la nature, sur terre ou en mer. « Ce volume de déchets a des conséquences néfastes sur la santé au niveau mondial », alerte le Girondin Alexandre Déchelotte, cofondateur de l’ONG Plastic Odyssey avec un autre collègue de la marine marchande, Simon Bernard. Après trois années et demie d’une expédition autour du monde consacrée à la lutte contre la pollution plastique, le navire-laboratoire « Plastic Odyssey » fait escale à Bordeaux, au ponton d’honneur, du 25 avril au 6 mai. L’équipage prendra la direction de La Rochelle du 8 au 15 mai avant de poursuivre son cabotage sur la côte atlantique.
« Si nous ne faisons rien, en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans. 80 % de cette pollution pourrait être évitée grâce à des solutions existantes et éprouvées », prévient Déchelotte. Long de 40 mètres, cet ancien navire d’océanographie embarque à son bord un petit centre de recyclage et un espace mobile pour mener des expérimentations à terre avec les habitants à chaque escale. Contrairement aux idées reçues, « Plastic Odyssey » ne pêche pas des déchets plastiques dans les eaux salées. C’est un outil de sensibilisation et d’expérimentation à grande échelle.
Des montagnes de déchets observées à travers le monde
« Le plastique se retrouve dans la mer. Mais la source du problème est sur terre. Si nous ne faisons rien, en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans. Et 80 % de cette pollution pourrait être évitée grâce à des solutions existantes et éprouvées », résume Alexandre Déchelotte, qui vient d’effectuer 45 escales à travers le globe. Le coresponsable de l’ONG a découvert des montagnes de déchets en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie. Il refuse de pointer du doigt les pays les plus touchés par cette pollution : « Un Français produit en moyenne l’équivalent de son poids en déchets plastiques chaque année. En Asie, c’est dix fois moins. Mais faute de tri et de recyclage, les déchets sont plus visibles là-bas. »
Des solutions accessibles à tous
C’est pour éviter que la planète et nos corps ne soient envahis par les microplastiques que le navire « Plastic Odyssey » tente de sensibiliser les citoyens. À Bordeaux, des visites du bateau sont proposées au public, et un village zéro plastique installé sur les quais présentera des solutions accessibles à tous autour des objets réutilisables, des systèmes de consigne, etc. Des solutions concrètes sont présentées à bord : ateliers zéro déchet, fabrication de pâtes, de lait végétal ou de crackers « maison », fresque des solutions…
« Nous présentons aussi notre micro-usine de recyclage, que nous déployons dans plusieurs pays, notamment dans des sites classés au patrimoine mondial marin », poursuit Alexandre Déchelotte. Les déchets plastiques sont transformés en matériaux utiles : « On peut fabriquer des pavés, des bancs, des briques, des poubelles de tri et même du mobilier pour les classes. » Une levée de fonds est en cours pour financer ces missions de restauration de la biodiversité et étendre les outils pédagogiques sur plusieurs continents. Plus d’informations sur www.plasticodyssey.org et www.maisoneco.bordeaux-metropole.fr.



