Crèmes, shampoings, savons : une étude scientifique française prouve qu'utiliser moins de cosmétiques réduit les risques pour la santé. Publiée dans la revue scientifique « Environment International » le 22 avril 2026 par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), une vaste étude française démontre les effets néfastes de la surexposition aux produits cosmétiques sur la santé. Ces travaux donnent également des préconisations pour réduire ces risques.
Une étude sur 103 étudiantes françaises
Pour évaluer l'impact des cosmétiques sur l'organisme, 103 étudiantes âgées de 18 à 30 ans ont été recrutées à l'Université de Grenoble. L'objectif était de cibler les femmes en âge de procréer, car des inquiétudes existent concernant l'exposition aux substances chimiques pendant le développement. Leur routine beauté et hygiène, comprenant en moyenne 12 cosmétiques par jour, a été analysée. Des prélèvements urinaires ont été envoyés à l'Institut norvégien de santé publique pour rechercher la présence de composés chimiques à risque : onze phénols (dont le bisphénol A, quatre parabènes, le triclosan et la benzophénone-3), deux éthers de glycol et seize phtalates. Ensuite, les participantes ont dû remplacer leurs produits habituels par des produits de substitution exempts de ces substances.
Résultats positifs d'une routine minimaliste
Les résultats sont édifiants : la routine minimaliste a permis de réduire de 20 à 53 % la présence de bisphénol A dans les urines, de 13 à 44 % pour le méthylparabène, de 54 à 72 % pour l'acide phénoxyacétique, et de 7,8 à 33 % pour le phtalate de monoéthyle, et ce en quelques jours. Le bénéfice pour la santé est fortement probable, notamment pour le bisphénol A, un perturbateur endocrinien interdit en France depuis 2015 dans les contenants alimentaires. Des études antérieures ont montré que réduire l'exposition au bisphénol A pendant la grossesse pourrait prévenir 4 % des cas d'asthme et 4,4 % des cas de respiration sifflante chez l'enfant, ainsi qu'éviter une perte de 0,44 point de QI chez le nourrisson.
Des gestes individuels et des politiques publiques
Les scientifiques préconisent de limiter au maximum l'exposition à ces substances en traquant leur présence sur les étiquettes et en réduisant les contenants en plastique. Cependant, ils soulignent que des changements individuels ne suffisent pas : des mesures réglementaires seraient plus efficaces et plus équitables. L'étude justifie la mise en place d'une réglementation plus stricte ciblant la composition des cosmétiques ou l'ensemble du processus de production et d'emballage. En attendant, la formule à retenir est : moins = mieux.



