Manifestations contre l'élevage de saumons au Verdon
Manifs contre l'élevage de saumons au Verdon

Deux manifestations contre le projet d'élevage de saumons

Ce week-end, deux manifestations ont eu lieu contre le projet d'élevage industriel de saumons porté par Pure Salmon France au Verdon-sur-Mer, sur les deux rives de l'estuaire de la Gironde. Les opposants espèrent être entendus par la nouvelle préfète, Sophie Brocas, qui doit rendre son avis prochainement.

Entre 400 et 500 personnes se sont rassemblées ce dimanche 26 avril sur la plage de la Chambrette au Verdon-sur-Mer. La veille, une autre manifestation avait réuni 260 personnes à Royan, sur l'autre rive de l'estuaire. « On est à un moment clé, entre le rapport des enquêteurs qui a mis beaucoup de gens en colère, favorable contre toute objectivité, et la décision de la nouvelle préfète », explique Marc Porcheron, élu de Saint-Vivien-de-Médoc et membre du collectif la Fraie sauvage.

Les emplois promis remis en question

Marc Porcheron estime que les 250 emplois promis par Pure Salmon ne seront pas au rendez-vous, car la production de 10 000 tonnes annoncée n'a jamais été atteinte ailleurs dans le monde. « Le plus avancé est Atlantic Sapphire, en Floride, qui n'a jamais dépassé les 4 000 tonnes et rencontre d'énormes difficultés techniques. À Boulogne, Local Océan a une unité comparable avec seulement 60 emplois », précise-t-il.

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Le député écologiste Benoît Biteau dénonce un « chantage à l'emploi scandaleux ». Selon lui, le projet ferait disparaître plus d'emplois qu'il n'en créerait, notamment en cas d'accident bactériologique dans l'estuaire. « Il faut un projet compatible avec les enjeux de cet estuaire, où l'ostréiculture a été relancée grâce à des politiques publiques », ajoute-t-il.

Un modèle économique contesté

Catherine Thisse, membre d'Estuaire 2050, a analysé les PV des assemblées générales de Pure Salmon France. Elle affirme que la société est une filiale d'un fonds basé à Singapour et Abu Dhabi, les bénéfices partent à l'étranger, tandis que les risques restent en France. Elle dénonce également le « parcours immoral du saumon made in France », nourri de poissons prélevés sur les côtes africaines, et dont 40 % de la production serait transformée en aliments pour animaux à Boulogne-sur-Mer.

Simon Latapie, élu à Grayan-et-l'Hôpital, qualifie le projet de « délétère, obsolète et mortifère ». Carole Gombaud, membre d'Estuaire 2050, a participé aux deux manifestations : « Le projet touche tous les usagers de l'estuaire. Le peuple est souverain, il faut qu'on soit entendu. On pourrait imaginer d'autres projets, comme une entreprise navale. »

La Fraie sauvage rappelle que l'enquête publique a recueilli plus de 23 000 contributions, dont 90 % défavorables au projet. Mi-avril, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s'est déclarée défavorable au projet « à titre personnel ». Les opposants prévoient une grande manifestation à Bordeaux et souhaitent remettre les 23 000 avis à la préfète.

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