L'Épaulée libournaise a été le moment festif de mise en lumière des vins de Bordeaux que l'on attendait, ce week-end. De quoi conforter Benjamin Rolland, l'organisateur, dans son initiative. Une place Abel-Surchamp et une rue Fonneuve noires de monde, malgré une météo peu folichonne, notamment samedi soir. De grandes tablées, des vignerons grandement sollicités, heureux de parler de leurs produits. Le tout dans une ambiance bon enfant. Voilà les images que l'on retiendra de cette édition de l'Épaulée libournaise.
Un bilan positif malgré les doutes
« Regardez, lançait Benjamin Rolland en portant justement son regard sur la place centrale de la bastide. On fera le bilan dans quelques jours mais c'est d'ores et déjà très positif. On m'avait pourtant dit qu'avec le pont de l'Ascension, les Libournais ne seraient pas là. » L'homme à la source de la manifestation goûtait son plaisir, tout en étant lucide. « Tous les vignerons ne vont pas faire de gros business, c'est pour cela que certains ne reviennent pas. Mais l'idée est avant tout de rendre visibles les vins de Bordeaux. De donner envie aux gens d'en boire et d'amener les restaurateurs à en avoir sur leur carte. » Benjamin Rolland met là le doigt sur un paradoxe : nombre d'établissements de la région bordelaise ne jouent pas le jeu du vignoble local.
Un atout de proximité
Un manque de solidarité, contrairement à d'autres régions, également mis en exergue par Céline Laurent, au stand des vignobles Alain Pascal : « Essayez donc d'aller vendre votre vin en Alsace », soulignait-elle. L'un des outils pour combattre le fameux « bordeaux bashing » est bien cette proximité que Benjamin Rolland promeut au travers de l'Épaulée. « Nous avons un superbe terroir, une véritable identité. Nous avons des vins accessibles, d'un bon rapport qualité/prix. Il faut arrêter de penser que tous les vins de Bordeaux se ressemblent, il y a des avancées, des innovations, beaucoup de progrès ont été faits particulièrement sur les blancs », présentait-il.
Ludique, un blind test a été organisé pour faire reconnaître les cépages, les arômes, les années et les terroirs. Encore faut-il le faire savoir et c'est bien la mission de l'Épaulée libournaise. Même si son créateur peut, à juste titre, se sentir un peu seul. « Pour cette troisième édition, je n'ai été approché par aucun organisme », qu'il soit professionnel ou institutionnel d'ailleurs. Pourtant, ce marché nocturne du vin, comme peut l'appeler Benjamin Rolland, a les atouts pour devenir un des acteurs d'un nouveau dynamisme.



