Les bienfaits du jardinage sur le corps et l'esprit
Passer du temps dehors, brûler des calories, stimuler son cerveau, apprendre la patience, faire pousser ses propres légumes : les bienfaits du jardinage sur le corps et l'esprit ont transformé cette activité en véritable thérapie verte. C'est le premier réflexe de Joël, le matin. « Quand je me lève, je vais voir le jardin, alors même que j'y étais la veille », témoigne-t-il, depuis son bout de terrain du côté de Marmande. Une fleur peut avoir éclos, la terre avoir boursouflé pour laisser passer une tige, un haricot être sorti du rang. Il suit l'évolution jour après jour. Jardiner lui fait du bien, physiquement et moralement.
Les bienfaits du jardinage sont tels que des médecins en sont presque à le prescrire sur ordonnance. L'hortithérapie, qui utilise la culture des plantes et la relation avec la nature pour améliorer la santé physique, mentale et sociale des patients, est de plus en plus intégrée dans des programmes de soins. Cela tiendrait en premier lieu à la bactérie Mycobacterium vaccae, présente dans la terre, qui stimule la production de sérotonine, l'hormone du bonheur. Et la terre, on en retourne et ajoute, on l'aère, la nourrit, l'arrose, la sent quand on jardine !
Une activité physique complète
« Quoi qu'on en dise, c'est une activité physique », rappelle Jean-Marie, surnommé Jeannot, qui jardine depuis toujours dans le sillon de son grand-père et de ses parents. « Une journée de bêchage et le soir, je n'ai plus d'épaule, plus de bras, plus rien », souffle Joël. « Qu'on prenne la bêche, la fourche ou le croc – l'outil de jardin essentiel – c'est de l'exercice. Baissé, penché, debout, accroupi, ça fait travailler les muscles, les articulations et la souplesse. On en brûle des calories ! On finit trempé. On jardine souvent quand il fait beau, en plein soleil, alors avec la piste d'atterrissage que j'ai sur le crâne, j'ai intérêt à prendre une casquette ! Certains vont courir ou faire du vélo, moi je jardine », résume-t-il.
Une école de patience et de créativité
« Le jardinage, c'est une école de la patience et de l'humilité », définit Jean-Marie, du côté de Castillon-la-Bataille en Gironde. « Ce n'est pas seulement mettre une patate dans un trou et attendre que ça se passe, il faut bichonner. » Il pense potager et fleurs, car pour lui, « tondre ce n'est pas jardiner, c'est entretenir son terrain ». Au sortir de l'hiver, le jardin connaît un regain d'activité. « C'est un peu fouillis et envahi d'herbe », résume Joël. Il faut préparer la terre, la retourner, mettre un peu d'engrais naturel et de fumier et quand elle est propre, les choses sérieuses peuvent commencer : on sème et on plante.
« Ça fait travailler les méninges », estime Jeannot. « Savoir ce qu'on va mettre et où, planifier, trouver des astuces pour régler les petits problèmes, ça stimule le cerveau et la créativité », ajoute Joël. La récompense vient au moment de récolter ce que l'on a semé. Le nec plus ultra, selon Jeannot, « c'est quand tes tomates sont mûres et que tu les partages ». Même satisfaction chez Joël qui les récolte à la brouette… Elles ont le goût unique du « poussé maison ».
Un plaisir partagé
« Et puis, si ce n'était pas un plaisir, je mettrais de l'herbe ! » s'exclame Joël. « Ça déstresse, ça détend, on est bien dans le jardin », explique Jeannot, entouré d'oiseaux qui chantent, d'air pur et du parfum des roses, lilas et arbres fruitiers. Loin des écrans. Jeannot éprouve encore cette joie enfantine, ce besoin d'avoir les mains dans la terre, « de la toucher ». Il l'a transmis à ses enfants qui, petits, voulaient « faire comme papa ».



