À Port-au-Prince, le foot comme échappatoire aux ruines
Foot à Port-au-Prince : échappatoire dans les ruines

Dans les rues jonchées de gravats de Port-au-Prince, un ballon ronde rebondit contre un mur éventré. Pour beaucoup, le football est plus qu'un jeu : c'est une bouffée d'air pur au milieu des ruines. À l'occasion de la Coupe du monde, les matchs sont suivis avec ferveur, offrant une parenthèse enchantée dans un quotidien marqué par la violence des gangs et l'instabilité politique.

Un terrain de fortune au cœur du chaos

Sur une place dégagée tant bien que mal des débris, des jeunes jouent sans chaussures, les pieds callosés par les gravats. Le ballon, usé mais précieux, passe de l'un à l'autre dans une chorégraphie improvisée. « Penser au mondial et jouer au foot me fait du bien », confie Jean, 19 ans, qui a perdu sa maison lors du dernier séisme. Comme lui, des centaines d'habitants trouvent dans ce sport un exutoire à la misère ambiante.

La Coupe du monde comme fenêtre sur le monde

Les téléviseurs des rares cafés encore debout sont pris d'assaut. On y commente les exploits de Mbappé ou de Messi, oubliant un instant les pénuries d'essence et l'insécurité. « Le foot nous unit, il nous rappelle que nous existons encore », explique Marie, vendeuse de rue. Pour elle, chaque but marqué est une victoire contre le désespoir.

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  • Résilience collective : Les matchs sont prétextes à des rassemblements pacifiques, rares dans une ville fragmentée par les gangs.
  • Évasion mentale : Suivre le tournoi permet de s'évader, ne serait-ce que quelques heures, de la précarité et de la peur.
  • Espoir pour la jeunesse : Le football inspire une génération qui rêve de devenir un jour un champion, malgré les obstacles.

Un sport face aux défis sécuritaires

Organiser des matchs improvisés n'est pas sans risque. Les affrontements entre gangs peuvent éclater à tout moment, transformant le terrain de jeu en champ de bataille. Pourtant, la passion l'emporte. Des initiatives locales tentent d'encadrer ces pratiques, créant des ligues de quartier pour offrir un cadre sécurisé aux jeunes. « Le foot est une arme de paix », affirme un animateur social. « Il donne un sens à leur vie, les éloigne de la tentation des armes. »

Un avenir à reconstruire

Alors que la Coupe du monde touche à sa fin, les habitants de Port-au-Prince savent que la réalité les rattrapera. Mais l'étincelle allumée par ce ballon rond pourrait bien être le début d'une reconstruction, à la fois matérielle et psychologique. Comme le dit un dicton local : « Après la tempête, on rejoue au foot. »

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