À Douarnenez, les artisans du « vrai kouign amann » savourent leur passage télé
Douarnenez : les artisans du vrai kouign amann savourent leur passage télé

Ils sont fatigués, mais heureux. Fiona Lucas et Yann Horellou, jeunes patrons mais salariés de longue date à la boulangerie des Plomarc’h, connue aussi sous le nom de « boulangerie Lucas », sortent la tête de leurs fourneaux après leur aventure dans l’émission « La Meilleure boulangerie de France » sur M6.

Une participation sous tension

« Les équipes de télé sont venues nous voir quelques jours avant les Gras (le grand carnaval douarneniste, qui se déroulait cette année du samedi 14 au mercredi 18 février, NDLR). Autant vous dire qu’on était en plein rush ! » L’équipe des Plomarc’h s’est démenée pour rendre les demandes de pain pour le concours dans les temps, mais en a clairement manqué.

Le duo, en poste depuis respectivement 25 ans (pour Yann) et 17 ans (pour Fiona) a repris officiellement la boulangerie de Douarnenez (Finistère) en janvier, avec son équipe de 13 salariés. « Et non, je ne fais pas partie de la famille Lucas d’origine ! » s’amuse Fiona. S’ils ont perdu le concours télévisé devant le candidat de Port-la-Forêt, ils ne perdent pas le moral pour autant. « Thierry Lucas, l’ancien propriétaire et gérant, avait déjà participé en 2014, avec Yann, en binôme. Là, c’était la deuxième fois que l’on passait dans l’émission. Sait-on jamais, la troisième sera sans doute la bonne ? »

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Un coup de projecteur sur le kouign amann

Dans tous les cas, ce passage télévisé aura surtout permis au célèbre kouign amann, grande spécialité de Douarnenez, de prendre du galon. « C’est vrai qu’on considère que chez eux, c’est le traditionnel et donc le meilleur », glisse Marie, dans une file d’attente ininterrompue, ce samedi après-midi. Dans les vitrines comme dans les fourneaux, les effluves de beurre et de sucre font saliver jusqu’aux passants.

Car le kouign amann, n’en déplaisent aux non-connaisseurs, est bel et bien « né à Douarnenez », comme le rappelle Yann Horellou. « Et plus précisément dans les années 1860, d’une erreur d’une improvisation d’un boulanger-pâtissier, poursuit-il. Il manquait de gâteaux, et aurait improvisé une recette à partir de pâte à pain, de sucre et de beurre ». « Pour d’autres personnes, le kouign amann serait né à Scaër (Finistère sud), mais pour nous, ce n’est pas entendable », lance un client en riant.

Un succès qui dépasse les frontières

D’où qu’il vienne, le kouign amann connaît un succès retentissant. « On en produit plus de 150 par jour, glissent les gérants de la Boulangerie des Plomarc’h. On en vend toute l’année au Japon, aux États-Unis et dans pas mal de pays d’Europe ». Une affluence qui croît avec le tourisme. « En haute saison, on est à plus de 800 enregistrements de ventes - de pains, de gâteaux, ou autres - recensés dans nos caisses par jour. On peut donc aisément doubler le nombre de personnes qui passent la porte de notre boulangerie en été », glisse Fiona Lucas.

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