Le Conseil d'État a tranché : les produits alimentaires contenant du cannabidiol (CBD), tels que les bonbons, huiles et tisanes, sont désormais interdits à la vente en France. Cette décision, rendue publique le 15 mai 2025, met fin à une période de flou juridique qui durait depuis plusieurs années.
Une décision fondée sur le droit européen
La haute juridiction administrative a estimé que ces produits ne bénéficient pas d'une autorisation de mise sur le marché conformément au règlement européen sur les nouveaux aliments. En effet, le CBD, extrait du chanvre, est considéré comme un ingrédient nouveau et doit donc faire l'objet d'une évaluation scientifique avant d'être commercialisé.
Cette interdiction concerne tous les produits alimentaires contenant du CBD, qu'il soit sous forme de bonbons, d'huiles, de tisanes ou de tout autre complément alimentaire. Les professionnels du secteur disposent désormais d'un délai de trois mois pour écouler leurs stocks.
Réactions des professionnels
Les acteurs de la filière CBD dénoncent une décision brutale et incompréhensible. Selon eux, cette interdiction va entraîner des pertes économiques considérables et mettre en péril des centaines d'emplois. Ils rappellent que le CBD, contrairement au THC, n'a pas d'effet psychotrope et est reconnu pour ses vertus relaxantes.
Plusieurs syndicats professionnels envisagent de saisir la Cour de justice de l'Union européenne pour contester cette décision. Ils estiment que les produits à base de CBD devraient être autorisés, comme c'est le cas dans d'autres pays européens.
Un marché en pleine expansion
Le marché du CBD alimentaire connaissait une croissance rapide en France, avec des ventes estimées à plusieurs centaines de millions d'euros. Les produits étaient vendus dans des boutiques spécialisées, mais aussi dans des pharmacies et des magasins bio.
Cette interdiction risque de favoriser le marché noir et de pousser les consommateurs vers des produits non contrôlés, potentiellement dangereux. Les autorités sanitaires appellent à la vigilance et rappellent que la vente de CBD sous forme de fleurs ou de résines reste autorisée, à condition que le taux de THC soit inférieur à 0,3%.
Quelles alternatives pour les consommateurs ?
Les consommateurs de CBD alimentaire devront se tourner vers d'autres formes de consommation, comme les huiles sublinguales ou les cosmétiques au CBD, qui ne sont pas concernés par cette interdiction. Il est également possible d'opter pour des produits à base de chanvre sans CBD, comme les graines de chanvre ou l'huile de chanvre.
En attendant, les professionnels espèrent que le gouvernement français trouvera une solution pour encadrer légalement ce marché, afin d'éviter une interdiction totale qui nuirait à l'économie et à la santé publique.



