Bilan de compétences adapté aux maladies chroniques et handicaps invisibles
Bilan de compétences pour maladies chroniques et handicaps

Parce que la maladie ne devrait jamais être un frein à un changement de voie professionnelle ou à l'exploration de nouveaux possibles, Julie Lempérière, consultante en bilan de compétences éligibles au CPF, accompagne via sa structure Akossuwa & Co tous ceux qui le souhaitent, mais plus particulièrement des personnes souffrant de pathologies chroniques et de handicaps invisibles, dont une majorité de femmes. En s'adaptant à leurs besoins et à leurs limites, elle leur permet d'avancer à leur rythme, avec bienveillance et empathie.

Une approche adaptée aux spécificités de chacun

« Quand l'un de mes bénéficiaires me dit être fatigué, je sais qu'il ne s'agit pas d'une fatigue basique. Même avec la plus grande empathie du monde, ceux qui ne sont pas concernés par des problèmes de santé ou des handicaps invisibles ne peuvent pas forcément comprendre l'impact qu'ils ont sur le corps », souligne Julie Lempérière. Elle-même confrontée à une pathologie chronique, elle suit au quotidien des personnes atteintes de troubles de l'attention, de troubles « dys », d'endométriose, de fibromyalgie ou de diabète mais aussi de pathologies psychiatriques, dont la bipolarité et la dépression, ou en post-cancer. En résumé, tout ce qui concerne la pathologie chronique et/ou les handicaps invisibles.

Un parcours inspirant

Infirmière de formation, Julie Lempérière a travaillé pendant dix ans au sein d'un hôpital public en banlieue parisienne. En 2015, elle s'installe en Loire-Atlantique, où elle vit toujours, et poursuit sa carrière d'infirmière dans un laboratoire, avant d'intégrer une crèche, puis un EHPAD. L'année 2024 marque un tournant : alors qu'elle est « en début de burn out », ses pathologies chroniques, diagnostiquées quelques années auparavant, flambent. « Ces événements m'ont amenée à me questionner sur la suite de ma carrière », raconte la consultante. Elle entame alors un bilan de compétences avec l'organisme Charlotte K, qui suit principalement des soignants. « L'idée était de trouver un travail où je continue à accompagner, mais plus à mon rythme et en prenant en compte mes problèmes de santé ». Le bilan de compétences semble une suite logique et après l'obtention de sa certification, en 2025, Julie Lempérière crée sa propre structure. Elle souhaite aujourd'hui que son expérience puisse inspirer ses bénéficiaires : « Même en souffrant de pathologies chroniques, on peut travailler, rebondir et avancer. Il y a toujours de l'espoir et une vie malgré la maladie ».

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Le principe de l'entonnoir

En quoi consiste, concrètement, le bilan de compétences proposé par Julie Lempérière ? Au total, 16 heures d'échanges en visio sont réparties sur une durée de 6 mois maximum. Lors d'un premier entretien gratuit, sans engagement et confidentiel (comme tout le reste du processus), la personne est invitée à exposer sa situation, afin de déterminer si le bilan de compétences est le mode d'accompagnement le plus adapté. La consultante, elle, détaille ses conditions et ses tarifs. Un questionnaire est ensuite adressé à la personne, afin de bien cerner les limites induites par son état de santé (par exemple, peut-elle rester debout ou assise longtemps ?). S'ensuivent trois phases : la phase préliminaire, la phase d'investigation et la phase de conclusion.

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Les trois phases du bilan

La première phase met l'accent sur le bénéficiaire, pose ses objectifs et les bases de sa démarche et permet d'établir une relation de confiance, « primordiale dans un travail co-construit ». Elle permet également un travail sur les valeurs et les besoins du bénéficiaire. La phase d'investigation, elle, explore en profondeur le parcours professionnel, les formations et éventuellement les expériences extra-professionnelles. En somme, « tout ce qui peut permettre de savoir ce que la personne veut et ne veut plus », précise Julie Lempérière. Cette séquence peut aussi être l'occasion de réaliser des immersions professionnelles ou des enquêtes métiers, de courtes interviews de personnes exerçant la profession envisagée, pour savoir si elle pourrait correspondre aux attentes. Enfin, la phase de conclusion, une synthèse co-construite, signée par le bénéficiaire et la consultante, propose au moins deux pistes concrètes : un métier, un secteur d'activité, un conseil de reprise d'études ou encore une orientation vers le dispositif Conseil en évolution professionnelle (CEP). « Le bilan de compétences fonctionne sur le principe de l'entonnoir : on part de quelque chose de très large pour arriver au plus fin », illustre la consultante.

S'écouter davantage après une maladie

Que ce soit pour changer de voie ou pour continuer d'exercer son métier dans des conditions différentes, le bilan de compétences permet en tous cas de retrouver une certaine confiance en soi, notamment après un coup dur. « En ce moment, j'accompagne une personne souffrant d'une pathologie pulmonaire qui s'est un jour réveillée sans pouvoir marcher. Après plus de deux ans d'arrêt maladie, elle a été licenciée pour inaptitude. L'idée est, tout en trouvant un métier qui lui corresponde, de l'aider à reprendre espoir », témoigne Julie Lempérière. Dernièrement, elle a aussi suivi une professionnelle de la petite enfance, qui s'est finalement tournée vers le métier de coach holistique, avec une spécialité en santé environnementale. Ou encore une employée en fin de carrière dans le secteur des travaux publics. « Elle ressentait une certaine lassitude vis-à-vis de son travail », se souvient la consultante. « Après avoir souffert d'un cancer du sein, elle a commencé à s'écouter davantage et entamé un bilan de compétences ». À chaque situation sa solution. Julie Lempérière suit chaque personne avec la même écoute et la même bienveillance, à la fois « critique » et « objective ». Pour que chacune trouve sa voie et le chemin de l'épanouissement professionnel, malgré sa pathologie.