Spécialisé depuis 2004 dans la vente de voiturettes, Yannick Moretti vient de doter sa nouvelle concession, à Aytré, d'une auto-école intégrée. Soixante pour cent de sa clientèle est composée de personnes en difficulté (social, handicap) et trente pour cent d'adolescents. Un marché en plein essor.
Une auto-école intégrée à une concession de voitures sans permis
Promis, ce n'est pas un poisson d'avril. Ce vieux projet de Yannick Moretti, sur les rails depuis le début du mois, mérite explication. « Depuis 2004, la loi oblige les personnes nées à partir du 1er janvier 1988 à avoir le permis AM option quadricycle léger pour pouvoir conduire ce type de véhicule. » Ce n'est donc ni un diplôme ni un brevet, mais c'est néanmoins obligatoire et tout le monde ne le sait pas. « Les personnes concernées doivent s'acquitter de cette formation auprès des auto-écoles traditionnelles qui le proposent. Le problème, c'est qu'elles ne sont pas légion. Jusqu'à ce que mon projet d'auto-école intégrée aboutisse, je conseillais à mes clients d'aller dans notre auto-école partenaire à Sainte-Soulle, La Sablière », détaille Yannick Moretti.
Un partenariat renforcé
Depuis le 1er avril, le partenariat tient toujours, mais les formateurs se déplacent dans sa concession à Aytré. « C'est beaucoup plus pratique, nous sommes désormais équipés d'une voiture avec double commande, idéale pour l'apprentissage et donc rassurant pour notre clientèle. » Une clientèle qu'il faut accompagner bien plus que dans les garages ou concessions traditionnels. « Tout le monde pense que la majorité des gens qui viennent acheter ou louer une voiture sans permis le font parce qu'ils ont commis un délit au volant. C'est très loin de la réalité : ils représentent à peine 5 % de notre clientèle. »
Un rôle social important
Notre accompagnement va bien au-delà de l'apprentissage de la conduite ou du Code. Mais qui sont donc les premiers acheteurs de ces petites boîtes à savon ? « Soixante pour cent d'entre eux sont des individus mis de côté par la société, parfois même sous tutelle ou curatelle. Soit des personnes qui souffrent de handicap, soit qui ne savent ni lire ni compter et qui ne sont donc pas en mesure d'obtenir le permis de conduire. En cela, j'estime avoir un rôle social très important qui m'épanouit énormément dans mon travail », s'enthousiasme Yannick Moretti.
La vocation avant tout
Le chef d'entreprise insiste beaucoup sur l'aspect humain de son commerce. On le taquine donc : « Dans un marché en plein essor, vos recettes ne sont-elles pas plus importantes que sur le segment des automobiles traditionnelles ? » « Je vous assure que non : dans notre secteur, la marge est certes plus importante, mais le volume de voitures vendues est bien inférieur au marché classique. Et je peux vous garantir que mes arguments sociaux ne sont pas du vent : notre accompagnement va bien au-delà de l'apprentissage de la conduite ou du Code. Nous aidons nos clients dans leurs démarches administratives, techniques… Et le lien tissé est si fort avec ces individus souvent mis de côté par la société, qu'ils reviennent souvent vers nous pour régler d'autres démarches avec les assurances, médicales… des charges administratives qui n'ont rien à voir parfois avec mon commerce. Il m'est aussi arrivé de prodiguer des heures et des heures de conseils à des clients ou d'imaginer des aménagements techniques pour résoudre des handicaps très spécifiques à la conduite. Pendant ce temps-là je peux vous assurer qu'on ne vend pas de voitures… Il faut vraiment avoir la vocation. »
Le marché des adolescents en plein boom
L'autre segment en plein essor est celui des adolescents. « Aujourd'hui, c'est 30 % des ventes ! Il y a un vrai boom depuis le Covid. Avant 2020, c'était un marché qui plafonnait à même pas 2 %. Aujourd'hui, pour des raisons de sécurité, les parents préfèrent de plus en plus cela aux deux-roues. Déjà, les gamins y sont protégés, les voitures limitées à 50 km/h et leur légèreté fait que l'accidentologie est moins létale. L'Italie, où la mortalité des jeunes a été un vrai fléau, a été très en avance sur nous. Nous sommes en train de rattraper le retard », conclut Yannick Moretti.
Informations pratiques
Le coût d'une voiturette : entre 10 000 et 20 000 euros. Créée en 2018, la société (1,295 million de chiffre d'affaires en 2025) de Yannick Moretti dépend du groupe Aixam, leader européen et français de la voiture sans permis. Né à Aix-les-Bains en 1983, ce groupe propose des véhicules (thermiques mais aussi électriques) dont les tarifs oscillent entre 10 000 et 20 000 euros environ. Il propose même une gamme de tout petits utilitaires. My VSP Aixam : 13 rue de Bougainville à Aytré. La formation obligatoire coûte 480 euros. Les voiturettes pèsent 450 kilos alors qu'une Clio pèse aujourd'hui 1,2 tonne environ.



