Un artisan passionné au service de la nature
Le Monflanquinois Thomas Vidal a créé Ô Naturelle il y a cinq ans. Sa petite entreprise, qui ne connaît pas la crise, convertit aussi des « piscines chimiques » ou aménage des bassins à carpes koï : « C’est le même process », explique-t-il en montrant les photos de ses chantiers. « Sur ce chantier, à La Sauvetat-sur-Lède, on crée un ruisseau de 17 mètres qui serpente jusqu’au bassin. Là, à Casteljaloux, c’est un bac plus classique… Ici, on a placé deux tonnes de rochers… »
Thomas Vidal fait défiler les images sur son smartphone, révélant son imagination débordante et la confiance de ses clients. Charpentier de formation, ce passionné d’aquariophilie a combiné son hobby et son savoir-faire manuel pour fonder Ô Naturelle. Installée dans la pépinière d’entreprises de la CCI, l’entreprise réalise des projets en Lot-et-Garonne et dans sept départements limitrophes. Son chiffre d’affaires a bondi de 30 % entre les deux derniers exercices, lui permettant de recruter et d’envisager un showroom.
Un marché en plein essor
Le marché des « bassins biologiques » est en plein boom. Thomas Vidal crée selon les envies de ses clients et convertit d’anciennes piscines chimiques. Karine, à Penne-d’Agenais, a sauté le pas : « J’avais opté pour un lagon, au sel. Je ne voulais pas d’un rectangle bleu que l’on bâche l’hiver, je voulais quelque chose qui s’intègre au jardin. » Le liner vieillissant et des soucis de fuite l’ont amenée à choisir une version plus écologique.
Selon Thomas Vidal, la conversion est simple : « J’ai renouvelé les médias filtrants (du verre), mais on conserve le local technique tel qu’il est. La principale différence est l’installation de deux lampes UV qui détruisent certaines bactéries et les algues sur le long terme. » La pompe continue son œuvre et alimente une cascade aménagée sur une descente de galets pour oxygéner l’eau. Des plantes filtrantes et oxygénantes complètent le dispositif, tandis qu’une bâche EPDM remplace le liner au sol.
Un entretien réduit et des économies
« Plus besoin de regarder tout le temps le pH, le chlore, de faire toujours les mêmes gestes », assure Thomas Vidal, qui livre près de quinze bassins par an. « Il reste deux gros entretiens. Fin octobre, on laisse l’eau tourner, mais on coupe la cascade. Au printemps, on taille les végétaux, on ajoute des bactéries vivantes, on passe un coup d’aspirateur et on remet la cascade en route. »
Côté budget, Ô Naturelle rivalise avec les piscinistes. « C’est juste un choix. En cinq ans, un bassin biologique est rentable puisque l’on n’achète plus de produits de traitement. La grosse différence, c’est que le chantier est beaucoup plus rapide. En un mois, c’est fait… » Après, « on peut s’y baigner, mettre des poissons… » À Penne, l’eau est limpide. Reste à achever les aménagements paysagers. Les grenouilles, les chats de Karine et autres hérissons qui viennent y boire ne les ont pas attendus pour en profiter.



