Chanvre Légal Pro : résilience face à l'interdiction du CBD alimentaire
Chanvre Légal Pro : résilience face à l'interdiction du CBD

Dans un contexte difficile où la France a décidé, depuis le 15 mai, d’appliquer la réglementation européenne dite "Novel food", le réseau "Chanvre Légal Pro" a organisé sa rencontre annuelle au domaine La Fleur des chanvres, à Boujan-sur-Libron, du 5 au 7 juin, autour d’un thème devenu central pour la filière : la résilience et la robustesse des projets chanvre.

Une quarantaine de producteurs de chanvre, membres du réseau national "Chanvre Légal Pro" venus de toute la France, se sont réunis au domaine La Fleur des chanvres, de Boujan-sur-Libron. La rencontre avait pour thème : la résilience et la robustesse des projets chanvre. "Cette rencontre intervient dans un contexte réglementaire sensible", indiquait Thomas Béguin, cofondateur et coordinateur du réseau national des chanvriers autonomes, composé de plus de 400 producteurs.

En effet, depuis le 15 mai, la France a décidé d’appliquer le règlement européen dit "Novel food" qui, en synthèse, interdit la vente de produits alimentaires contenant du CBD. Huiles sublinguales, gummies, tisanes, cakes et autres produits ne peuvent plus être proposés à la vente. Selon le réseau, "c’est 15 à 60 % du chiffre d’affaires des producteurs qui sont en péril par cette seule décision, alors que les concertations des dernières années avec les autorités (entre autres, ministère de l’Agriculture et Direction générale de l’alimentation) ont permis le développement de cette filière", précise Thomas Béguin.

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Échanges, témoignages, ateliers

Chanvre Légal Pro a organisé ces trois jours biterrois où producteurs, mais aussi porteurs de projets, experts et entrepreneurs du chanvre légal se sont retrouvés pour travailler sur la structuration de leurs activités, la diversification de leurs modèles économiques, la vente, les débouchés, la communication, la transformation et la coopération entre acteurs de terrain. Cette rencontre a alterné des temps collectifs d’échanges et de témoignages, des ateliers pratiques (fabrication de produits cosmétiques au CBD, au CBG ou aux deux ; mieux vendre et trouver des débouchés ; presse à huile…) et des visites, notamment chez le producteur David Rivermale, du domaine Fleurs des Causses, à Mélagues, en Aveyron.

"Pour Chanvre Légal Pro, cette évolution rappelle une réalité essentielle : au-delà des combats à mener pour faire valoir nos droits à continuer à proposer des produits sains et inoffensifs, un projet chanvre solide ne peut pas aujourd’hui se permettre de ne dépendre que d’un seul produit, d’un seul canal de vente ou d’un seul débouché", indique le cofondateur. D’où le thème de ces rencontres, "pour expliquer aux membres que vivre et se développer dans la durée, c’est s’adapter, se diversifier, créer des liens avec d’autres acteurs et s’inscrire dans une vision économique, agricole et écologique de long terme".

La filière doit faire preuve de lucidité et d’adaptation

"Le chanvre, autorisé officiellement à être cultivé depuis 2022, ce n’est pas que le CBD alimentaire." La plante est aussi utilisée dans la construction, la fabrication de tissus, de fil, de papier, de carburant, plastique, produits cosmétiques, médicaments…

Chanvre : les zones à risque

"L’idée de Chanvre Légal Pro, c’est actuellement, et en particulier, de mettre en avant auprès des producteurs les zones à risques", explique le coordinateur, Thomas Béguin. Il poursuit : "Il y en a trois, liées à la fleur, et non pas au chanvre à fibre, celui utilisé, par exemple, pour la construction. La Novel food, c’est l’actualité du moment. Mais aussi, et on n’en parle moins, les produits cosmétiques. Car l’Europe pourrait aussi imposer un taux de THC proche de 0, ce qui rendrait toutes les formulations existantes obsolètes."

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La troisième zone à risques est celle qui touche aux produits à fumer ou vapoter. Pour rappel, comme les produits cosmétiques, ils ne sont pas concernés pour l’instant par une interdiction. "Mais la France pourrait décider de canaliser la commercialisation en imposant une vente de ces produits uniquement dans les bureaux de tabac. Ce serait dommage. Car les buralistes seraient-ils légitimes pour vendre des produits à base de CBD ou autres molécules naturellement produites par la plante, destinés à calmer les douleurs, le stress, qui favorisent le sommeil… ?"

D’où la mission principale actuelle du réseau : aider les chanvriers qui s’interrogent ou s’inquiètent pour leur avenir à s’orienter vers des secteurs stables.