L'ancien bidonville de la Caminasse transformé en parc écologique
Bidonville de la Caminasse deviendra parc écologique

L’ancien bidonville de la Caminasse doit peu à peu devenir un parc à dominante écologique, dans le courant de l’année 2026. Sous les carcasses de voitures, sommeillait une nature abondante. Une allée de cailloux serpente dans la prairie. Au milieu des herbes folles, une petite bâtisse s’effondre en silence. « On ne dirait pas comme ça, mais la Caminasse est un site naturel assez intéressant », assure Michel Poignonec, le maire de Villenave-d’Ornon. Il avait promis, durant la campagne, de valoriser ces 5 hectares, aux confins de Cadaujac. Un parc public doit y être aménagé dans le courant de l’année.

Une transition entre le vert et le bleu

« Une sorte de transition entre le Grand plan vert du mandat précédent et le Grand plan bleu, tourné vers la ressource en eau, du mandat qui s’ouvre. C’est une philosophie tout à fait différente du parc Barron, que nous venons d’inaugurer. Ici, on viendra profiter de la nature, l’observer et suivre son évolution. » Les premières esquisses dessinent un aménagement respectueux des atouts naturels. À l’ouest, s’étend le site naturel sensible de la vallée de l’Eau Blanche. À l’est, la Garonne coule à moins d’un kilomètre. « Ni imperméabilisation, ni construction lourde dans cette zone inondable », explique Cécile Fourmarier, directrice adjointe des services techniques. Elle parle de « revitalisation ».

Les stigmates du bidonville

En 2023, le site était devenu un bidonville. « Un trésor écologique martyrisé » par un village de bric et de broc bâti en quelques mois. Jusqu’à 2 000 Roms de Roumanie y ont vécu du printemps à l’été 2023. « Depuis, nous avons dû évacuer une quarantaine de carcasses de voitures, des pneus, divers matériaux », liste Michel Poignonec. Les habitants du camp vivaient de la récupération de métaux. La terre porte encore la pollution de l’antimoine, un retardateur de flamme présent dans les fils de cuivre.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le 17 août 2023, jour de l’évacuation, Michel Poignonec évalue les dégâts. Le potentiel du site, acquis quelques années plus tôt par la municipalité, lui saute aux yeux. « La première idée, la plus spontanée et pas la meilleure, était de créer un parc animalier. Chemin faisant, nous avons préféré jouer avec les atouts originels du terrain. »

Un parc pensé pour la biodiversité

À l’entrée du site, sur la D 108, une bergerie pensée comme une annexe à la ferme de Baugé accueillera 200 brebis. Le cheminement en boucle traversera un espace de sous-bois pour rejoindre des prairies. Un fauchage différencié permettra de lézarder dans des clairières et de profiter d’une petite aire de jeux. « Plus on chemine vers l’intérieur du parc, plus on se rapproche de la Garonne et de zones humides. Les aménagements seront alors plus naturels », explique Cécile Fourmarier.

Le chemin fera en sorte de tenir le visiteur à distance de zones sanctuarisées. Le lieu est prisé du crapaud calamite pour sa reproduction. Une dizaine d’espèces de chauves-souris différentes le survolent chaque nuit. Au sol, s’épanouissent la fritillaire pintade et l’orchis à fleurs lâches. En mai, leurs fleurs violettes aux formes surprenantes habilleront la partie est du parc. Le visiteur, lui, évoluera sur de gros blocs de pierre. Une protection contre le piétinement et la cueillette.

Un jardin éponge pour gérer l'eau

Dans cette zone doit aussi être aménagé un jardin éponge. Des pas japonais sillonneront ce paysage de trous d’eau dans lequel plongeront des végétaux. « À cet endroit affleure une nappe alluviale de la Garonne, qui monte et descend avec le débit. Autour, nous mettrons en place un système de plantes aux vertus dépolluantes pour l’eau et la terre, explique Cécile Fourmarier. Le site revêt une dimension hydraulique importante. Ce pourrait être une contrainte. On essaye d’en faire une force. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Un emplacement stratégique

Le parc accueillera également une tour d’observation d’une dizaine de mètres de haut. Un amphithéâtre de verdure servira à des représentations théâtrales et aux scolaires. Plus largement, le parc de la Caminasse doit créer une continuité de nature entre, au nord, la partie béglaise du sentier de randonnée (GR) métropolitain, et la vallée de l’Eau Blanche, à l’ouest. Depuis plusieurs années, la mairie de Villenave-d’Ornon rachète peu à peu les parcelles de cet espace naturel sensible pour y ouvrir des sentiers. « Et la troisième phase du Bato prévoit un embarcadère dans le quartier Genest, juste au nord du futur parc », rappelle Michel Poignonec.

Le coût total de l’opération n’est pas encore arrêté. « Sans compter la dépollution », Michel Poignonec l’envisage aux alentours des 780 000 euros du parc Barron. Les travaux d’aménagement doivent démarrer à l’automne, pour une ouverture au premier semestre 2027. Si les caprices de la météo et du fleuve le permettent.