Le sommet One Health à Lyon débouche sur des engagements nombreux mais sans ligne directrice
Le sommet international One Health, qui s'est tenu à Lyon du 5 au 7 avril 2026, a rassemblé des délégations de plus de cinquante pays, des organisations non gouvernementales et des experts scientifiques. L'événement visait à renforcer l'approche intégrée de la santé humaine, animale et environnementale, une nécessité mise en lumière par les crises sanitaires récentes.
Des engagements multiples mais dispersés
Les participants ont annoncé une série d'engagements concrets lors de la clôture du sommet. Parmi ceux-ci, on compte la création de plusieurs fonds de recherche dédiés aux zoonoses, des programmes de surveillance épidémiologique renforcés dans les régions à risque, et des initiatives pour réduire l'utilisation des antibiotiques en élevage. La France s'est notamment engagée à augmenter de 30% son financement pour la recherche sur les maladies émergentes d'ici 2030, tandis que l'Union européenne a promis un soutien accru aux pays en développement pour améliorer leurs systèmes de santé vétérinaire.
Cependant, ces annonces restent éparpillées et ne s'inscrivent pas dans un cadre stratégique unifié. Les observateurs notent l'absence d'une feuille de route commune qui permettrait de coordonner les efforts à l'échelle mondiale. Cette lacune pourrait limiter l'efficacité des mesures prises, selon plusieurs experts présents.
L'approche One Health : un concept encore flou
L'approche One Health, qui promeut une vision holistique de la santé en reliant les domaines humain, animal et environnemental, a été au cœur des discussions. Les débats ont mis en évidence les défis persistants dans sa mise en œuvre pratique. Les divergences entre les priorités des pays développés et celles des nations en développement ont été particulièrement marquées, avec des désaccords sur le partage des ressources et des technologies.
De plus, la question du financement durable des initiatives One Health reste en suspens. Bien que des engagements financiers aient été pris, ils sont souvent conditionnés à des accords bilatéraux ou régionaux, ce qui fragilise la cohérence globale. Les participants ont appelé à une meilleure intégration des politiques environnementales dans les stratégies de santé publique, mais sans proposer de mécanismes concrets pour y parvenir.
Les réactions et perspectives d'avenir
Les réactions au sommet sont mitigées. D'un côté, les organisateurs saluent la mobilisation internationale et la diversité des engagements, qu'ils considèrent comme un pas en avant significatif. De l'autre, les critiques pointent du doigt le manque de leadership et de vision commune. Certains experts estiment que sans une ligne directrice claire, les risques de fragmentation des efforts augmentent, réduisant ainsi l'impact potentiel des actions entreprises.
Pour l'avenir, les participants ont convenu de se réunir à nouveau dans deux ans pour évaluer les progrès réalisés. En attendant, la pression reste forte pour que les engagements pris à Lyon se traduisent en actions tangibles, notamment dans la prévention des futures pandémies et la protection de la biodiversité. Le succès de l'approche One Health dépendra largement de la capacité des acteurs à surmonter leurs divergences et à travailler de manière coordonnée.



