Salomé Saqué et Camille Etienne : urgence démocratique et écologique
Saqué et Etienne : urgence démocratique et écologique

La journaliste Salomé Saqué et la militante écologiste Camille Etienne ont échangé ce samedi sur le site des Jardins du Peyrou pour la Comédie du livre de Montpellier. « No hay billetes ». La formule plutôt utilisée dans les arènes de Nîmes en ce week-end de Pentecôte était parfaitement adéquate pour la rencontre entre les deux jeunes femmes. La carte blanche offerte par la Comédie du livre à la journaliste, autrice de Sois-jeune et tais-toi puis de Résister, a attiré plus de spectateurs que l’Espace Albertine-Sarrazin ne pouvait en contenir.

Un combat commun pour la démocratie et l’écologie

« Mon travail de journaliste, c’est de me battre pour l’indépendance des médias, lutter contre les fake-news. Je ne suis pas activiste comme Camille, mais notre point commun est d’expliquer qu’il y a urgence, et pour notre démocratie et pour l’écologie », a expliqué Salomé Saqué. Pour elle, il était essentiel de publier son livre Résister en dehors des périodes électorales, afin de ne pas être instrumentalisée.

Face au backlash et à l’extrême droite

Les deux jeunes femmes ont évoqué la difficulté d’affronter le backlash et la mobilisation parfois violente d’opposants très organisés. Camille Etienne y voit le signe que son combat est juste : « Quand une marque de poêles contenant des produits nocifs dépense autant d’argent dans une campagne de pub jusqu’en Corée pour dire “nos poêles sont sûres”, je me dis waouh, on a tapé juste. » Elle passe beaucoup de temps à l’Assemblée nationale où elle constate les manœuvres d’obstruction des députés d’extrême droite « qui ne font même pas semblant de tuer tout ce qui va dans le sens de l’écologie ».

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Salomé Saqué, spécialisée dans les questions de dette publique, de fiscalité et de travail, estime que « le système n’a pas intérêt à ce que l’on se saisisse des outils de la démocratie : on installe la confusion dans les médias, on criminalise les mouvements. Malgré tout, l’été dernier, une pétition contre la loi Duplomb a recueilli 2 millions de signatures. Le rôle du journaliste est de documenter le réel, je ne crois pas à la neutralité. »

Espoir dans l’action collective

Les deux autrices ont été interrogées sur leur pessimisme ou leurs motifs d’espoir. Elles évoquent la dynamique de déni et d’impuissance collective. « Nous sommes dans une vague, dans un mouvement, on est pris dans cette espèce de normalisation de l’extrême droite et d’inéluctabilité qu’ils arriveraient au pouvoir, analyse Salomé Saqué. Or ce n’est pas une fatalité, l’action collective est possible. Qu’est-ce qui a fait qu’il y a eu de grands changements sociaux dans l’histoire ? C’est bien parce qu’il y a eu, au départ, des initiatives individuelles qui sont devenues collectives. » Un discours extrêmement applaudi par le public présent.

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