Une mobilisation citoyenne contre un projet industriel controversé
Ce samedi 4 avril, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant la préfecture de la Gironde à Bordeaux. Leur objectif était de réaffirmer leur opposition au projet d'implantation d'une usine de conversion de cobalt et de nickel sur les terres inondables de Grattequina, à Blanquefort. Cette mobilisation, organisée par des collectifs et associations, intervient à l'approche d'échéances décisives pour l'autorisation du site.
Un projet jugé dangereux pour l'environnement
Les opposants considèrent ce projet comme particulièrement risqué. Florence Bougaud, administratrice de Sepanso, souligne le danger de construire une telle usine dans une zone humide qui protège Bordeaux et les communes alentour des inondations. Le site, classé Seveso seuil haut, suscite de vives inquiétudes quant à son impact environnemental et sanitaire.
L'appel à manifestation avait été adressé à l'ensemble des maires et élus de Bordeaux Métropole et des communes limitrophes. Les organisateurs espèrent que le renouvellement de nombreux conseils municipaux, intervenu il y a deux semaines, pourra modifier le rapport de force en leur faveur.
Le maire de Parempuyre en première ligne
Parmi les manifestants, une figure politique se distingue : Henri Lagarrigue, le nouveau maire (LR) de Parempuyre. Ancien mineur de fonds à Carmaux dans le Tarn, il affiche une opposition ferme au projet porté par Electro Mobility Materials Europe (Emme).
« Il n'y a que de la pollution à transformer du minerai », déclare-t-il avec conviction. Durant sa campagne électorale, il affirme n'avoir « jamais rencontré personne qui soit pour ce projet ».
Henri Lagarrigue est venu partager « la peur des gens » de sa commune. Il craint que l'implantation de l'usine ne saccage la ville, notamment avec la mise en place d'une liaison électrique de 63 000 volts qui aurait, selon lui, « forcément un impact sur les commerces de la ville déjà prise par les bouchons tous les soirs ».
Un lobbying actif auprès des nouvelles instances
Le maire de Parempuyre n'a pas attendu l'installation du nouveau conseil de Bordeaux Métropole pour agir. Profitant de la nouvelle majorité à laquelle il appartient, il a entrepris un travail de pédagogie auprès des élus moins familiers avec ce dossier.
« Ça ne fera peut-être pas changer les choses », admet-il avec réalisme, mais il tient à rappeler « la volonté que les gens soient respectés ». Il promet d'ailleurs « d'inviter le préfet à constater ce qui se passe vraiment sur place ».
Fier de voir de nombreux habitants de Parempuyre parmi les manifestants, Henri Lagarrigue refuse de penser « qu'on puisse laisser ça à nos enfants », faute selon lui « d'aucune garantie sur rien » concernant la sécurité et l'impact environnemental du projet.



