Emmanuel Macron à Lyon pour clôturer le sommet international One Health
Le chef de l'État français Emmanuel Macron se rend ce mardi à Lyon où il interviendra lors de la journée de clôture d'un sommet international organisé par la France autour du concept « One Health ». Cette approche transversale vise à réunir la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale dans une vision commune et intégrée.
Une approche intégrée des enjeux sanitaires
« On ne peut pas traiter tous ces sujets de manière séparée et c'est l'enjeu de ce sommet », a expliqué l'Élysée à la presse en amont de l'événement. « Si on veut améliorer durablement la santé des humains, il faut améliorer la santé de notre planète. » Le sommet a débuté lundi avec un colloque scientifique réunissant des centaines de chercheurs et d'experts internationaux.
Philippe Baptiste, le ministre de la Recherche, a souligné dans un communiqué : « En réunissant l'ensemble des disciplines et des expertises, nous avons posé les bases d'une approche véritablement intégrée de la santé, capable de répondre aux défis sanitaires contemporains. »
Trois axes prioritaires pour le sommet
Le programme du sommet One Health s'articule autour de trois grands axes stratégiques :
- Le renforcement de la coopération internationale en matière de santé
- La lutte contre les maladies infectieuses d'origine animale, dont la pandémie de Covid-19 a été un exemple emblématique
- La prévention des pathologies influencées par l'environnement, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires
Une participation internationale limitée mais significative
L'ampleur de ce sommet reste toutefois modeste au niveau de la participation étatique. Des ministres d'une vingtaine de pays assisteront aux sessions thématiques prévues mardi matin. Au niveau des chefs d'État, seuls quatre dirigeants étrangers seront présents aux côtés d'Emmanuel Macron : ceux du Botswana, du Cambodge, du Ghana et de la Mongolie.
« L'après-midi on aura cette séquence vraiment de haut niveau avec les chefs d'État », a précisé l'Élysée. Emmanuel Macron participera d'abord à une réunion sur « la réforme de l'architecture de la santé mondiale » avec notamment l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avant d'intervenir publiquement à plusieurs reprises, dont lors de la cérémonie de clôture en fin de journée.
Les défis du multilatéralisme et du financement
L'Élysée a reconnu que ce sommet se tenait dans un contexte international difficile où « le multilatéralisme est assez challengé », notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. « Les questions sécuritaires sont au cœur de l'agenda et les questions sanitaires vont devoir trouver leur place dans tout cela », a admis la présidence de la République.
La tenue de ce sommet intervient paradoxalement au moment où la France, comme de nombreux pays développés, réduit significativement ses financements à la santé mondiale. « Il y a un contexte budgétaire qui est très compliqué », a justifié l'Élysée, tout en affirmant que « ce sommet n'est pas du tout incohérent » et que « politiquement, on est là. Financièrement, on essaie de continuer à être là. »
Des critiques d'organisations non gouvernementales
Certaines ONG ont accueilli fraîchement cette initiative. Vincent Leclercq, directeur général de Coalition PLUS qui rassemble plusieurs organisations emblématiques de la lutte contre le VIH, a réagi vivement : « Un tel sommet tout en coupant les vivres à la lutte constitue non seulement une incohérence majeure, mais surtout un renoncement stratégique. »
Médecins sans frontières (MSF) a renchéri dans un communiqué, accusant la France de « faire en coulisses l'exact contraire de ce qu'elle promeut » publiquement lors de ce sommet international.
Ce sommet One Health représente le premier du genre organisé par la France, qui avait précédemment mis en place des sommets « One Planet » consacrés aux questions environnementales depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron en 2017. L'approche One Health, qui connaît un essor significatif dans le monde de la santé publique depuis plusieurs années, reconnaît explicitement l'interdépendance fondamentale entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes.



