Le train séduit les travailleurs malgré les retards et le coût
Train : les travailleurs l'utilisent plus malgré les contraintes

Malgré les contraintes logistiques et un service irrégulier, le train est de plus en plus utilisé par les travailleurs. Le nouveau choc des carburants n'est pas étranger à cette dynamique.

Le choix économique d'Anaïs

Anaïs habite à Cérons, dans le Sud-Gironde, entre Bordeaux et Langon. Elle vient de reprendre son poste de soignante à 80 % à l'hôpital Haut-Lévêque de Pessac après son congé maternité. « Vu le prix du gazole, j'ai décidé de prendre le train », explique-t-elle. La kinésithérapeute sort la calculette. Le tarif annuel du train après prise en charge de l'employeur (75 %) s'élève à 250 euros. En voiture, elle devrait débourser 2 000 euros de carburant (15 000 km) et 400 euros de péage (avec la réduction). « Sans compter l'usure de la voiture et la fatigue dans les embouteillages. Au final, le choix était vite fait. »

Des difficultés pratiques

Voilà pour la théorie. En pratique, c'est plus compliqué : correspondance pas toujours fluide à la gare de Bordeaux, lenteur du trajet à cause du chantier du bouchon ferroviaire au sud de Bordeaux, et surtout « multiplication des retards et des annulations de train ». « Je dois aller chercher ma fille chez la nounou tous les soirs à 18 heures. C'est un gros stress. Je me demande si je ne vais pas devoir résilier mon abonnement », confie-t-elle. En avril, la ligne 44 (Bordeaux-Langon-Agen) était une des rares liaisons TER de la région à perdre des usagers par rapport à l'année précédente.

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Une tendance de fond malgré les contraintes

Malgré ces difficultés localisées, le transfert de la voiture vers le train est une tendance de fond. Le trafic des TER est en progression constante depuis 2017 en Nouvelle-Aquitaine. Le trafic quotidien moyen est passé de 63 000 usagers en 2017 à 77 000 en 2019, 90 000 en 2022, 102 000 en 2024 et 105 000 en 2025, soit une hausse annuelle moyenne de 6,5 %. Le trafic a plongé les deux premiers mois de l'année 2026 (-2,1 % en janvier par rapport à l'année précédente, -5 % en février) en raison des inondations, des tempêtes et des grèves. Il a repris de la vigueur : +4,3 % en mars et +6,7 % en avril, preuve que l'augmentation du prix des carburants a un impact sur l'augmentation du trafic. Les premiers chiffres de mai « montrent une forte dynamique d'utilisation du train », relaie la Région Nouvelle-Aquitaine, qui a acheté 18 nouvelles rames pour accompagner cette demande croissante.

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