Périphérique parisien : 100 000 PV pour covoiturage en un an
Périphérique : 100 000 PV pour covoiturage en un an

Périphérique parisien : 100 000 amendes en un an pour les automobilistes seuls

Le 2 mai 2025, les premières amendes pour non-respect de la voie de covoiturage sur le boulevard périphérique parisien tombaient sur les « autosolistes ». Un peu plus d’une année s’est écoulée, et les agents chargés de vérifier les images ont eu du travail. Depuis, pas moins de 100 000 amendes ont été dressées, selon les chiffres de la Ville de Paris.

Un respect encore imparfait mais en amélioration

L’an dernier, Le Parisien avait constaté que de nombreux automobilistes n’avaient pas encore intégré les règles. D’après nos nouvelles observations menées mi-mai, le taux de respect est encore loin d’être optimal, mais il semble en progrès. Ceux qui empruntent régulièrement la voie sont majoritairement des taxis et des VTC.

Seuls les véhicules transportant au moins deux passagers, les taxis (même à vide), les VTC (uniquement en charge), les voitures de police secours et « mobilité inclusion », ainsi que les transports publics collectifs sont autorisés à utiliser cette file nommée « V2 + ». Le dispositif est en vigueur les jours de semaine, de 7 heures à 10h30 et de 16 heures à 20 heures.

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Les conducteurs seuls au volant, circulant sur la voie de gauche aux mauvais jours et horaires, encourent une amende de 135 euros (90 euros en paiement immédiat). Le PV est dressé par vidéoverbalisation, après vérification par un agent de la police municipale.

Des taux de respect variables selon les secteurs

Porte d’Aubervilliers, entre 9 heures et 10 heures, la quasi-totalité des véhicules étaient en règle sur le périphérique intérieur, car le trafic était fluide. En revanche, dans le sens inverse, particulièrement chargé près de l’autoroute A1, la voie de covoiturage était fréquentée par 45 à 48 % d’autosolistes.

Porte d’Asnières, le taux de respect était de 50 % en extérieur et 60 % en intérieur. Porte de Vincennes, 47 % des conducteurs étaient en règle sur le boulevard extérieur, et 58 % dans le sens inverse. Ces chiffres sont nettement meilleurs qu’en mars 2025, où le taux de respect moyen atteignait péniblement 40 %.

La mesure encore méconnue

Un peu plus d’un an après l’ouverture, la mesure reste « nébuleuse » pour bon nombre d’usagers. Leïla, interrogée au volant de sa Clio, a avoué avoir oublié l’existence de la file de covoiturage. « Je croyais que c’était réservé aux pros comme les taxis ou les ambulances », a-t-elle déclaré.

Dan Lert, adjoint au maire en charge des mobilités, estime que « globalement, les voies de covoiturage sont plutôt respectées ». Il souligne que le taux de contestation est très bas : 71 cas sur 100 000 amendes, soit 0,007 %. Les cas d’automobilistes épinglés à tort seraient donc rares.

Des résultats encourageants

Dan Lert juge le succès du système grâce aux chiffres publiés chaque mois depuis 2024. « La vitesse moyenne sur la voie réservée est supérieure de 9 km/h par rapport aux autres voies lorsqu’elle est activée, ce qui prouve son efficacité. Et depuis la limitation à 50 km/h, on observe une diminution de 6 % de la pollution de l’air liée au trafic. Le dispositif contribue également à une baisse de l’accidentologie et de la pollution sonore. »

Bien que l’« autosolisme » reste prédominant — 80 % des conducteurs sont seuls à bord —, Dan Lert note que la pratique du covoiturage progresse, encouragée par le coût élevé des carburants. « Les comportements mettent du temps à changer. Mais avec l’inflation des carburants, on constate aujourd’hui une demande forte pour le covoiturage. »

Vers une extension de la voie réservée

La Ville de Paris réfléchit déjà à étendre la voie à l’ensemble de l’anneau routier, y compris entre le quai d’Issy et la porte de Bercy, où l’infrastructure ne compte souvent que deux voies par sens. Ce serait le prélude au réaménagement du secteur de la porte de Gentilly en « boulevard urbain ». « Bien sûr, tout sera fait en concertation étroite avec les 130 communes du Grand Paris concernées et la préfecture de police », a rassuré Dan Lert.

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