Pont de l'île de Ré : l'automatisation du péage inquiète les entreprises
Pont de Ré : l'automatisation du péage inquiète les entreprises

Pont de l'île de Ré : l'automatisation du péage suscite des inquiétudes chez les professionnels

L'automatisation progressive des cabines de péage du pont reliant l'île de Ré au continent génère des préoccupations concrètes parmi les patrons d'entreprises. Ces derniers s'alarment notamment de l'absence future d'une personne physique en caisse, un changement qui complique considérablement le passage des convois de véhicules professionnels.

Un problème pratique pour les « petits trains » d'entreprises

Jusqu'à présent, chaque matin en semaine, un rituel bien établi permettait aux flottes de véhicules d'une même société de franchir le pont efficacement. Un « petit train » de fourgons se formait dans la file où une opératrice était présente. Le conducteur de tête présentait la carte d'abonnement unique de l'entreprise, sur laquelle jusqu'à 99 immatriculations peuvent être enregistrées. L'agent comptabilisait les passages, et le dernier véhicule récupérait le précieux sésame.

« Comment faire passer ses six véhicules avec une seule carte d'abonnement par entreprise ? », interroge un chef d'entreprise à la tête d'une PME de douze personnes basée à L'Houmeau. Cette question illustre parfaitement le casse-tête organisationnel que représente cette transition vers l'automatisation totale.

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Une solution transitoire avant 2027

Patrice Raffarin, conseiller départemental de l'île de Ré, a profité d'un point presse des élus départementaux, mercredi 8 avril, pour apporter des éclaircissements sur ce dossier épineux. « Les travaux d'automatisation se termineront avant l'été. Pour autant, il y a encore à régler quelques points sur la réglementation », a-t-il résumé, quelques heures avant une réunion cruciale au Département consacrée à ce sujet.

Le conseiller a identifié deux problèmes majeurs : l'un concernant les personnes handicapées, qui devrait être résolu rapidement, et l'autre touchant spécifiquement ces fameux « petits trains » de véhicules d'entreprise. « Certains passent à 15, 20, 30 par entreprise », a-t-il précisé, soulignant l'ampleur du phénomène.

Pour pallier ces difficultés en attendant la solution définitive, un système transitoire sera mis en œuvre jusqu'au 31 décembre. Chaque cabine sera équipée d'un boîtier spécial. Le premier conducteur y glissera la carte d'abonnement pour le véhicule suivant, et ainsi de suite jusqu'au dernier qui la récupérera. Cette procédure manuelle temporaire vise à maintenir la fluidité du trafic professionnel.

La lecture de plaques d'immatriculation comme solution pérenne

La véritable révolution interviendra le 1er janvier 2027, avec le déploiement d'un essai de lecture automatique des plaques d'immatriculation. Cette technologie permettra de résoudre définitivement les aléas liés au passage des convois d'entreprises, en identifiant chaque véhicule sans intervention humaine.

Parallèlement, le conseiller départemental défend le maintien du principe de gratuité du pont pour les personnes à mobilité réduite, une spécificité unique en France pour un ouvrage à péage. Il prône un régime de confiance pour tous les porteurs de carte handicapée, quel que soit le véhicule qui les transporte ou leur provenance, préservant ainsi un acquis social précieux.

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