Orthez face à un tournant décisif pour son demi-échangeur autoroutier
La semaine s'annonce décisive pour l'avenir du projet de demi-échangeur autoroutier de la Virginie, à Orthez. Avant de rendre son avis, le préfet doit réunir les divers acteurs du dossier dans les prochains jours. L'avis défavorable du commissaire enquêteur, rendu fin mars, a créé une onde de choc dans la cité Fébus, décourageant le préfet de signer une déclaration d'utilité publique.
Un projet attendu par la population et les élus
Nombre d'habitants, ainsi que la nouvelle majorité municipale, attendent impatiemment cet équipement. Il est vu comme essentiel pour entamer le contournement de la ville et détourner du cœur historique l'important trafic de poids lourds en transit. Une enquête publique s'est déroulée du 5 janvier au 9 février sur ce dossier, relancé durant le mandat d'Yves Darrigrand et porté par un plan d'investissement autoroutier décidé sous la présidence de François Hollande.
Durant cette période, seulement 42 personnes ont déposé un avis, avec une majorité défavorable. Les préoccupations exprimées incluent la perte de surfaces agricoles, la dévalorisation foncière, et la proximité avec des habitations, selon le rapporteur Yves Goret.
La mobilisation des riverains et des soutiens politiques
L'amicale des riverains d'Orthez Sud (Aros) monte au créneau, exprimant sa révolte face à l'avis du commissaire enquêteur. "Nous sommes révoltés car ce sont toujours les opposants qui se manifestent", tempête Jean-Bernard Piet, président d'Aros. Il rappelle que la majorité de la population attend ce projet, annoncé pour 2028, et que sa construction figurait dans les programmes électoraux de nombreux candidats.
Le député David Habib soutient activement le projet, qualifiant cette sortie d'autoroute d'indispensable pour Orthez et le centre du Béarn. Il appelle le préfet à donner un avis favorable, soulignant que les financements sont réunis entre Vinci Autoroutes, l'État, le Département, et les collectivités locales.
Une réunion publique pour faire entendre la voix des habitants
Face à cette situation critique, Aros organise une réunion publique au théâtre d'Orthez d'ici la fin de la semaine. "La situation est grave. Nous sommes à un carrefour", insiste un membre de l'association, qui cherche à mobiliser largement la population. Un registre de signatures pourrait être ouvert à l'hôtel de ville, avec une pétition déjà en circulation.
Rien n'oblige le préfet Jean-Marie Girier à suivre l'avis défavorable, mais sa décision, attendue après les consultations, sera cruciale pour l'avenir de ce projet de mobilité durable.



