Nice : mobilisation contre une antenne Free au cœur des vignes AOP de Bellet
Mobilisation contre une antenne Free dans les vignes de Bellet à Nice

Une antenne 5G au milieu des vignes AOP de Bellet suscite la colère à Nice

Sur les hauteurs de Nice-Ouest, à deux pas du château de Crémat, un chantier d'antenne relais 5G de l'opérateur Free avance au cœur du terroir viticole de l'appellation d'origine protégée (AOP) Bellet. Cette installation, totalement légale car située sur une parcelle agricole privée et ne nécessitant qu'une déclaration préalable, provoque une vive mobilisation des riverains et des élus locaux qui dénoncent une atteinte au paysage et des interrogations sanitaires.

Un paysage viticole menacé par un pylône métallique

Le chantier, débuté en novembre chemin de la Pouncia, a déjà vu la coulée d'une dalle de béton et l'installation de ferraillages. Jean-Patrick Pacioselli, propriétaire du domaine Saint-Jean, alerte depuis près de deux ans sur ce projet. « Une antenne, ça n'est pas très beau. Les collines sont déjà farcies de mâts pour les moyenne, haute et très haute tensions », déplore le vigneron, inquiet de la gêne visuelle et du potentiel impact sanitaire pour les habitations voisines.

L'emplacement au sein d'une AOP vinicole renforce les critiques. Gaël Nofri, ancien adjoint au maire délégué aux Collines niçoises, est catégorique : « Ce n'est pas un endroit pour installer une telle antenne ». La municipalité, bien que favorable au déploiement numérique, estime que la mutualisation des supports existants aurait été préférable.

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Un processus décisionnel qui exclut les collectivités locales

Le caractère légal du chantier ne fait aucun doute : la faible emprise au sol et la hauteur modeste ont permis de démarrer les travaux sans permis de construire. Une simple déclaration préalable à la Direction départementale des territoires et de la mer a suffi, validant tacitement le projet.

Mais c'est surtout le processus décisionnel qui irrite les élus. L'antenne étant située dans le périmètre de l'opération d'intérêt national de la plaine du Var, c'est l'État, via le projet Éco-Vallée, qui conserve la maîtrise de l'urbanisme. « La municipalité est pourtant la mieux placée pour comprendre le territoire », regrette Gaël Nofri, aujourd'hui dans l'opposition au nouveau maire Éric Ciotti.

Les arguments techniques et stratégiques de Free

Cette antenne s'inscrit dans la stratégie de Free visant à gagner en autonomie réseau. Alors que l'opérateur utilise encore les antennes d'Orange dans certaines zones grâce à un contrat de partage prolongé jusqu'en 2028, l'Arcep précise que Free s'est engagé à poursuivre le déploiement de son propre réseau.

Face aux critiques, Free s'est engagé à « habiller » l'antenne pour la camoufler dans le paysage, mais l'opérateur n'a pas souhaité commenter les spécificités techniques de son installation. Une prudence qui contraste avec l'urgence exprimée par certains riverains comme Joseph Sergi, vigneron au domaine du Clos Saint-Vincent : « À Crémat, on est en zone blanche. Alors, cette antenne, on en a besoin ».

Un précédent qui donne espoir aux opposants

Ce n'est pas la première fois qu'une antenne relais suscite la controverse dans le secteur. En 2022, un collectif d'habitants de Saint-Roman-de-Bellet avait obtenu gain de cause après avoir protesté contre un projet similaire. Cet antécédent renforce la détermination des opposants actuels, qui oscillent entre compréhension des besoins numériques et défense du patrimoine viticole.

Jean-Patrick Pacioselli résume ce dilemme : « C'est toujours pareil : on veut le bénéfice des antennes sans qu'elles soient chez nous. Mais là, sur des terres agricoles, c'est dommage ». Alors que le chantier progresse, la mobilisation continue, posant une question fondamentale : comment concilier développement numérique et préservation des paysages agricoles d'exception ?

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