Cette semaine, les reporters de Midi Libre parcourent le territoire pour échanger sur les thèmes forts de la campagne des élections municipales. Après la santé en Lozère, ils sont ce jeudi 5 mars 2026 à Millau pour aborder la question des transports. La communauté de communes Millau Grands Causses, avec le soutien du Fonds vert, étend son réseau et expérimente de nouveaux dispositifs. Le tissu associatif est également très actif.
Un bouquet de solutions pour se déplacer
« Les sept premières années, à mon arrivée, je n’étais pas véhiculée et je travaillais à Creissels, mais l’horaire des bus n’était pas adapté. Je me suis rabattue sur le vélo », raconte Véronique, mère d’Elie. Aujourd’hui, elle aurait presque l’embarras du choix parmi les formules proposées par la communauté de communes des Grands Causses. Un véritable « bouquet de mobilités », selon Yannick Douls, vice-président de la collectivité, conçu pour répondre à des situations variées, en tenant compte du caractère « extrêmement rural » de ce territoire.
D’un côté, une ville de 23 000 habitants. De l’autre, quatorze villages, certains d’à peine cent résidents, les plus éloignés étant séparés par 42 kilomètres, soit 50 minutes d’une route sinueuse et étroite, pas toujours facile en hiver, souligne l’élu. Il évoque les enjeux de « vieillissement et d’isolement », ainsi que le « retour à la ruralité de populations habituées aux transports en commun ». À cela s’ajoute le fait que 43 % des actifs travaillent hors de leur commune de résidence, et la volonté de la communauté de faciliter la vie rurale : « L’école de Veyreau, par exemple, a besoin d’élèves. On souhaite que ces villages accueillent de nouveaux habitants. »
Transports solidaires par véhicules électriques
Ville moyenne, Millau dispose de son propre réseau urbain depuis 2001. Avec la gratuité pour les scolaires, la fréquentation avait bondi de 55 %. Devenue totale, la hausse est de « 30 % depuis septembre », indique Maryse Romero, responsable du service mobilité de l’intercommunalité. « Nous avons eu 223 000 voyageurs en 2025 ; en année pleine, nous pensons que les résultats seront bons », pour une perte de recette de 80 000 € sur un budget d’un million d’euros.
Autour de Millau, les habitants peuvent utiliser trois lignes de transport à la demande, redéfinies l’an dernier pour mieux s’adapter aux horaires des salariés ; du covoiturage via Mio Covoit’, qui fédère 36 institutions et entreprises et plus de 680 salariés, désormais ouvert à tous ; ou encore un innovant « transport solidaire » tout nouveau. « C’est quelque chose qui se pratique entre voisins, note Clara Steyer, chargée de mission. Conduire une personne ici ou là, mais c’est parfois difficile d’être toujours celui qui demande, on se censure de peur de déranger. » Le principe est simple : deux voitures électriques sont mises à disposition dans deux villages, des chauffeurs bénévoles se déclarent, les demandeurs sollicitent un trajet, et le service mobilité fait correspondre les deux.
Le RER rural du Comité pluraliste de la ligne de l’Aubrac
Entre autopartage, trottinettes en libre-service et vélos électriques en location, il reste la ligne ferroviaire Millau-Sévérac-Rodez, dont la réouverture est reportée par la Région. « Il faut que l’on y arrive », dit Yannick Douls. Le Comité pluraliste de la ligne Béziers-Neussargues, mené par Frédéric Laur, ne lâchera pas le dossier. Il a imaginé « un RER rural » entre Tournemire, Millau et Rodez, « notre intercommunalité étant traversée par le chemin de fer », où un train léger serait très adapté. « Le futur hôpital médian de Saint-Affrique et Millau sera proche de la gare de Saint-Georges », renchérit le cheminot. Le train de nuit de Paris est un autre combat de ces militants inlassables du transport public.



