Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan : la phase 2 entre Béziers et Perpignan soumise à débat public
Alors que la phase 1 de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), reliant Montpellier à Béziers, avance conformément aux délais, une vaste concertation publique s'ouvre ce jeudi pour sa phase 2, qui doit prolonger le tracé jusqu'à Perpignan. Cette consultation, placée sous l'égide de la Commission nationale du débat public, se déroulera jusqu'au 19 juin et portera essentiellement sur les fonctionnalités de la ligne et l'implantation des gares sur ce tronçon de près de 100 kilomètres.
Une nécessité face au changement climatique et à la saturation
L'extrême fragilité de la ligne ferroviaire actuelle face au réchauffement climatique, particulièrement dans les Pyrénées-Orientales, constitue l'une des principales justifications de cette deuxième phase. Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, souligne que la ligne classique existante est à la fois saturée en termes de trafic et "submersible", un risque qui ne fera qu'augmenter avec les effets accentués du dérèglement climatique, remettant en cause la fiabilité des liaisons ferroviaires.
Matthieu Chabanel, PDG de SNCF Réseau, confirme que le projet "tient ses délais" pour la phase 1, avec un appel d'offres prévu cette année permettant un démarrage des travaux dès 2029. Mais il insiste : "La LNMP n'a pas vocation à s'arrêter à Béziers". La nouvelle ligne représente non seulement un maillon du réseau national et européen à grande vitesse connectant la France et l'Espagne, mais elle sera aussi complémentaire de l'infrastructure existante.
Trois variantes pour une ligne mixte ou non
La concertation actuelle vient "requestionner" un projet de référence établi en 2016, strictement dédié au trafic voyageur et prévoyant deux gares nouvelles dans les secteurs de Béziers ouest et Narbonne est, pour un coût estimé à 4,9 milliards d'euros aux conditions économiques 2025.
Dix ans après, le contexte a évolué : le changement climatique, les questions énergétiques, la stratégie bas carbone de l'État, mais aussi la "dangerosité" induite par un trafic routier de camions en progression constante justifient de reconsidérer les options. L'ambition de développer le fret ferroviaire, à l'image de ce que fait l'Espagne en reliant ses ports à ses lignes à grande vitesse, devient centrale.
Trois variantes sont désormais sur la table :
- La variante n°1 : identique au projet de 2016, limitée au trafic voyageur.
- La variante n°2 : mixte voyageurs-fret dans le même sillon à travers le massif des Corbières, mais nécessitant des travaux plus importants (talus plus hauts, viaducs supplémentaires, tunnels plus longs) avec un impact carbone accru.
- La variante n°3 : également mixte, mais passant "entre les contreforts des Corbières et les étangs", avec un impact paysager conséquent.
Carole Delga a d'ores et déjà exprimé le soutien de la Région Occitanie à la mixité fret jusqu'à Perpignan, estimant que "cela présente plus d'avantages que d'inconvénients". Matthieu Chabanel précise que cette option entraînerait un surcoût de 1,4 à 2,1 milliards d'euros, voire 2,4 milliards selon les options retenues pour les gares, portant le coût total potentiel à 7,3 milliards d'euros.
Cinq options pour l'implantation des gares
Au-delà de la nature de la ligne, la concertation porte également sur l'implantation des gares. Le choix de 2016 prévoyait deux gares, mais cinq autres options sont désormais proposées :
- Une gare à Béziers ou Narbonne
- Une gare à Narbonne sans raccordement à Nissan
- Aucune gare nouvelle
- Une gare à Nissan-lez-Ensérune
Vincent Bouvier, directeur grands projets de SNCF Gares et Connexions, souligne que cette décision impactera directement "les temps de parcours, l'accès au train et les transports en commun", rendant le choix particulièrement complexe.
Les usagers, élus, entrepreneurs, riverains potentiels du tracé et défenseurs de diverses causes ont désormais dix semaines pour exprimer leur position, soit physiquement lors des rendez-vous programmés, soit virtuellement via le site internet dédié à cette concertation.



