LGV Montpellier-Perpignan : le choix du constructeur pour la première phase s'annonce
LGV Montpellier-Perpignan : le constructeur bientôt choisi

LGV Montpellier-Perpignan : une étape décisive s'ouvre avec le choix du constructeur

Le projet de ligne nouvelle à grande vitesse (LGV) entre Montpellier et Perpignan entre dans une phase cruciale en cette année 2026. Alors que les archéologues de l'Inrap s'apprêtent à fouiller l'emprise de la future voie ferrée à partir de l'automne, SNCF Réseau lancera simultanément l'appel d'offres pour la conception et la réalisation de la première section, reliant Montpellier à Béziers sur 52 kilomètres.

Un marché colossal de plus de 1,5 milliard d'euros

Ce contrat public, baptisé COREA, représente un investissement supérieur à un milliard et demi d'euros. Stéphane Lubrano, directeur du projet, a confirmé que le calendrier était tenu, avec une désignation des titulaires prévue à l'automne 2028 et le démarrage effectif des travaux au printemps 2029. La livraison de cette section est attendue pour 2034.

Ce tronçon constitue le prolongement du Contournement Nîmes-Montpellier (CNM) qui dessert déjà les gares de Nîmes-Pont du Gard et Montpellier-Sud de France. Déclaré d'utilité publique en 2023 après des études menées entre 2010 et 2015, le projet esquissé dès 1990 prend enfin une dimension concrète avec des retombées économiques tangibles pour la région Occitanie.

Formation et emplois : des perspectives régionales

La dimension sociale et économique du projet est particulièrement mise en avant. "La loi permet d'imposer un certain pourcentage de recours à l'insertion, s'agissant de l'emploi, et de fournisseurs issus du territoire", explique Stéphane Lubrano. Ces critères seront intégrés dans l'évaluation des offres, garantissant ainsi une place aux PME-PMI régionales aux côtés des géants du BTP comme Bouygues, Vinci, NGE ou Eiffage.

Pour anticiper les besoins en main-d'œuvre qualifiée, l'École du ferroviaire et des mobilités en Occitanie a été créée. Elle démarrera dès ce printemps la formation de conducteurs de travaux ferroviaires, puis en septembre celle de monteurs en signalisation et caténaire, avant de former des poseurs de voie. L'objectif est clair : que les entreprises du chantier puissent recruter localement.

Un processus de dialogue compétitif sur deux ans

Le lancement de l'appel d'offres en septembre 2026 inaugurera un processus de dialogue compétitif de deux années. Plusieurs allers-retours sont prévus entre SNCF Réseau et les groupements candidats, avec au moins deux propositions intermédiaires et une proposition finale par groupement.

"Nous savons qu'il est réalisable à un coût maîtrisé et dans un calendrier maîtrisé, en visant la certification haute qualité environnementale", précise Stéphane Lubrano. "Mais on veut qu'il soit optimisé à la faveur du dialogue avec les groupements candidats, voire qu'ils nous proposent des innovations."

Le viaduc de Poussan : un ouvrage multifonctions

Parmi les éléments notables du projet, le viaduc de Poussan fait l'objet d'une concertation spécifique. Long de 1 400 mètres et haut de 30 mètres, cet ouvrage autour du bassin de Thau pourrait intégrer des fonctions supplémentaires issues des ateliers citoyens :

  • Une passerelle piéton-vélo
  • Un belvédère
  • Un mur d'escalade
  • Un réservoir pour jardin partagé

Ces préconisations seront intégrées au cahier des charges du concours d'architecture dans l'appel d'offres COREA.

Préparations techniques en parallèle

En attendant le lancement des travaux, SNCF Réseau et Oc'Via commenceront dès 2029 à déplacer une partie des 8,5 millions de mètres cubes de déblais du chantier sur les jonctions au réseau existant. Parallèlement, des sondages géotechniques seront réalisés à partir de cet été pour préparer le terrain aux futures interventions.

Ce projet ferroviaire majeur pour la région Occitanie représente ainsi non seulement une avancée significative pour les transports, mais aussi un levier économique et social important, avec la création d'emplois, le développement de formations spécialisées et l'implication des entreprises locales dans un chantier d'envergure nationale.