LGV Montpellier-Perpignan : Loïc Linarès défend la ligne face aux opposants
LGV : Linarès défend la ligne face aux opposants

Le nouveau président de Sète Agglopôle Méditerranée, Loïc Linarès, était l'invité d'une réunion publique organisée par l'association ALT (Association pour une Ligne Terrestre) vendredi soir à Loupian. Face à une assemblée d'environ 80 personnes, il a été longuement questionné, relancé et parfois chahuté sur le projet de Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP).

Un projet contesté

Le projet porté par la SNCF et la Région Occitanie est vivement critiqué pour son tracé jugé trop linéaire, conçu pour des trains à 330 km/h, son impact environnemental et paysager (notamment avec plusieurs viaducs, dont celui de Poussan), ainsi que son coût estimé à 6 milliards d'euros. Loïc Linarès a reconnu qu'il s'agit d'un sujet complexe et s'est positionné en défenseur des intérêts du territoire.

« Cela dépend toujours d'où on se place. Prenez Frontignan, par exemple, ils sont plutôt pour la LGV. Il y a la question du tourisme. D'autres voient l'intérêt du doublement de la ligne », a-t-il expliqué, évoquant également la menace de submersion marine qui pèse sur la ligne historique du littoral d'ici 70 ans.

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Des arguments opposés

ALT défend depuis plusieurs années un tracé alternatif, moins rapide, plus respectueux de l'environnement et moins coûteux. L'association s'inquiète aussi de la future desserte de Sète, avec une réduction de 80 % des TGV, et de l'impact économique, notamment pour la station thermale de Balaruc où 30 % des curistes viennent en train. ALT s'appuie sur les rapports de l'Autorité environnementale, le courrier des maires de Sète Agglo au Premier ministre, et le contexte de restrictions budgétaires. Félix Caron, président d'ALT, estime qu'il faudrait deux ans pour redéfinir la phase 1 du projet, ce sur quoi Loïc Linarès n'a pas rebondi.

« Les impacts sont importants et il faut travailler pour les réduire, a déclaré Linarès. Moi, dans mon for intérieur, je pense qu'il faut cette ligne. Elle est nécessaire dans le monde dans lequel nous vivons. » Il a fait le parallèle avec la nécessité de supprimer les lignes intérieures en avion et la menace de submersion qui pèse sur la ligne historique.

Tensions politiques

Loïc Linarès, critiqué pour sa proximité politique avec Carole Delga et son absence de position claire, a expliqué attendre des réponses, notamment sur le futur cadençage des trains entre Sète et Montpellier Sud de France. Menacé par un militant de la Coopérative intégrale du bassin de Thau de se retrouver avec un « Notre-Dame-des-Landes », il n'a pas perdu son calme.

Lors du conseil régional de jeudi, l'élue sétoise Laurence Magne a interpellé Carole Delga sur la promotion d'un TGV « défigurateur » roulant à 300 km/h, qui s'arrête peu et éloigne le train des usagers. Elle a regretté le refus d'une proposition de train à 220 km/h, 30 % moins cher et plus respectueux de l'environnement. Carole Delga a qualifié ces propos de « contrevérités », soulignant que le nouveau maire de Sète avait sollicité un rendez-vous de manière cordiale, et que lors de l'enquête publique, il n'y avait eu aucune opposition. Elle a également jugé « ridicule » l'idée qu'une réduction de vitesse entraînerait une économie de 30 %.

Loïc Linarès a confirmé le gel de 800 000 euros dans le protocole de financement de Sète Agglo pour la LGV et indiqué avoir commencé à travailler avec un bureau d'études pour mieux challenger la SNCF. « Dans mon engagement public, je n'ai jamais voulu m'engager sur des choses que je ne suis pas certain de pouvoir tenir », a-t-il conclu, sans pour autant rassurer l'auditoire.

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