En mer avec la brigade nautique du Gard : sécurité et prévention
Brigade nautique du Gard : sécurité et prévention en mer

Au cœur des missions de la brigade nautique du Gard

Midi Libre a embarqué à bord des vedettes de la gendarmerie maritime du Grau-du-Roi pour observer le quotidien de ces militaires, partagés entre contrôles rigoureux et actions de prévention. Leur objectif : garantir la sécurité de tous en Méditerranée.

« Ici, on est très sévères, donc les gens ne se risquent pas à faire n’importe quoi », affirme l’Adjudant-chef Christophe Léger, commandant de la brigade nautique du Grau-du-Roi. Avec son uniforme bleu impeccable, ses lunettes de soleil opaques et sa barbe longue bien taillée, il impose le respect. Devant la capitainerie de Port-Camargue, il saute dans la vedette, accompagné d’un autre membre de son équipe de cinq. Direction le large, dans la baie d’Aigues-Mortes.

La brigade part généralement à la demi-journée et couvre la zone allant des Saintes-Maries-de-la-Mer à Palavas-les-Flots. À peine le chenal franchi, le commandant navigue vers un petit bateau à moteur au mouillage. À son bord : deux jeunes filles d’une vingtaine d’années, tandis que deux autres se baignent. Pourquoi ce bateau ? « Le flair du gendarme », sourit l’adjudant-chef. L’imposante embarcation des gendarmes s’approche doucement et annonce par mégaphone : « Bonjour, gendarmerie. Nous allons procéder au contrôle s’il vous plaît. » Un brigadier saute à bord.

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Un contrôle minutieux des équipements

Le contrôle vérifie la présence de tout l’armement de sécurité obligatoire : un gilet de sauvetage par personne, une ligne de mouillage, un moyen lumineux, un dispositif d’assèchement (comme une écope) et un extincteur à jour. Il s’assure également que la capitaine détient un permis côtier. Le gendarme profite de l’occasion pour effectuer une « recherche documentaire des personnes à bord », vérifiant qu’elles ne sont pas recherchées et la propriété du bateau. Le contrôle dure près de quarante-cinq minutes, durant lesquelles la vedette tourne autour des jeunes.

Cette fois, tout était en règle, ou presque. Il manquait à bord un deuxième coupe-circuit, permettant aux passagers de rallumer le bateau si le capitaine tombe à l’eau avec le coupe-circuit du moteur à son poignet. Ce délit est une contravention de cinquième classe, pouvant aller jusqu’à 1 500 euros d’amende, comme tous les manquements à l’équipement de sécurité en mer. La cheffe de bord dispose de quinze jours pour se mettre en règle.

Prévention avant tout

Car l’objectif de la brigade du commandant Léger, sous l’autorité de la préfecture maritime, est avant tout de faire de la prévention. Port-Camargue compte 5 000 emplacements de bateaux et 200 places pour les escales. Les plaisanciers en vacances sont parfois peu au fait du code maritime. Un rappel des règles élémentaires paraît donc nécessaire aux militaires pour garantir la sécurité de tous.

En cas de conduite sans titre de navigation, les gendarmes sont intransigeants : l’affaire est directement envoyée à la préfecture maritime à Marseille, passible de six mois d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende. Ce jour-là, les gendarmes n’effectuent pas de contrôles des pêcheurs, bien que veiller au respect des quotas de prises, des tailles et éviter le braconnage (de thon rouge notamment) fasse partie de leurs missions quotidiennes. Côté port, ils se répartissent le travail avec la brigade territoriale du Grau-du-Roi et la police, qui assure aussi la sécurité jusqu’à 300 mètres du rivage.

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