Conflit au Moyen-Orient : les vacances des Varois en pleine tourmente
Alors que la guerre au Moyen-Orient s'enlise entre l'Iran, les États-Unis et Israël, les congés de nombreux Varois se retrouvent chamboulés. Si la majorité continue de voyager, elle modifie ses plans, face à une situation jugée dissuasive par 75 % des Français, selon une enquête flash de l'Alliance France Tourisme avec l'Ifop auprès de 6.300 personnes.
Annulations et vigilance maximale
Patrick, un Ollioulais, en fait l'amère expérience. Ayant profité d'une promotion en janvier pour acheter des billets vers Beyrouth afin de rendre visite à sa mère après une opération, il voit son vol annulé par Transavia. La ligne Marseille-Beyrouth avait déjà été suspendue. « C'était pour promouvoir sa réouverture que la compagnie proposait des tarifs attractifs », explique-t-il, contraint de demander un remboursement.
Les conséquences sont palpables : mi-mars, les réservations vers l'Égypte chutent de 34 %, la Jordanie de 50 % et les Émirats arabes unis de 85 %. Des destinations comme la Thaïlande ou l'Île Maurice reculent de 15 %, pénalisées par leur dépendance aux hubs du Golfe. Le Syndicat des entreprises du tour operating (SETO) recommande une vigilance maximale pour les voyages en transit jusqu'au 31 mars.
Adaptation et transformation des projets
Nicolas, un Raphaëlois de 45 ans, illustre cette adaptation. Devant partir en Thaïlande et au Laos avec une escale aux Émirats, il opte finalement pour la République dominicaine après l'annulation de son vol. « J'ai pu trouver un billet à peine plus cher, aux mêmes dates », relate-t-il, soulignant le stress vécu en mars.
L'Alliance France Tourisme confirme cette tendance : « Les Français n'abandonnent pas leurs projets, ils les adaptent. Le contexte international entraîne des arbitrages géographiques qui bénéficient directement à la France », précise Dominique Marcel, président de l'organisation. Ainsi, 21 % des Français modifiant leurs projets choisissent désormais l'Hexagone.
Arbitrages géographiques et budgétaires
Jérémy et Clara, un jeune couple des Arcs, renoncent à leur voyage en Turquie en van, préférant un tour des Alpes en France, Italie et Autriche. Les recommandations du Quai d'Orsay et les craintes d'approvisionnement en carburant ont pesé dans leur décision.
Ces arbitrages sont aussi budgétaires, face à la flambée des prix du pétrole. Les voyagistes observent des hausses d'environ 50 euros pour les billets en classe économique, et jusqu'à 250 euros en business. José Pintor, agent de voyages à Toulon, note : « J'ai eu l'exemple d'un client dont l'option coûtait 250 euros de plus une heure plus tard, sans doute de façon artificielle ! »
Résilience et incertitudes pour l'avenir
Malgré tout, le secteur fait preuve de résilience. José Pintor rassure : « Des questions de bon sens, mais sans panique ! Tous les ans, il y a quelque chose, alors nous avons appris à gérer au fur et à mesure ». Il évoque la « guerre des douze jours » de juin 2025, où la situation s'était rapidement normalisée.
Pour l'avenir, l'incertitude règne. L'Union des aéroports français craint l'annulation de 3.000 vols cet été à cause de la hausse du carburant. Dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, après une baisse initiale, l'occupation hôtelière rebondit, compensée par la demande locale. Cependant, les touristes lointains, comme les Australiens ou les Indiens, se font plus rares.
Le salon Rendez-vous en France à Nice, fin mars, permettra d'évaluer les enjeux. En attendant, les professionnels tablent sur leur réactivité pour naviguer dans cette période troublée, où le tourisme ne s'arrête pas, mais se réinvente face aux défis géopolitiques.



