Tourisme dans le Var : 5 milliards d'euros, 11 millions de visiteurs, 30 000 emplois
Tourisme dans le Var : 5 milliards d'euros, 11 millions de visiteurs

En 2025, onze millions de touristes ont fréquenté le Var, générant 81 millions de nuitées et environ 5 milliards d'euros de retombées économiques, soit près de 15 % du PIB départemental. Ces chiffres, communiqués par Guillaume Decard, président de Var Tourisme, illustrent le poids du tourisme dans le département, 90 ans après l'instauration des congés payés en 1936.

Un poids économique incontournable

Interrogé sur la possibilité pour le Var de se passer du tourisme, Guillaume Decard répond sans hésiter : « Absolument pas ! Je ne vois vraiment pas quelle économie pourrait désormais le remplacer. » Il précise que le tourisme représente 30 000 emplois directs et 30 000 emplois induits. Les données de 2022 indiquent que cette industrie engendre environ 5 milliards d'euros de retombées économiques, soit près de 15 % du PIB départemental.

Le PIB régional issu du tourisme a bondi de 70 milliards d'euros en 1990 à 217 milliards en 2022, soit une augmentation de plus de 200 % en une trentaine d'années. « Le Var étant le département le plus dynamique de la région, on peut extrapoler une hausse plus importante encore », ajoute Decard.

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Une politique globale et structurante

Selon Guillaume Decard, « le tourisme, c'est aussi une politique globale. Tout, dans le Var, s'imbrique avec le tourisme : culture, patrimoine, agriculture, sport. Le tourisme est structurant, il est l'élément central d'une politique publique ambitieuse. »

Pour éviter le surtourisme, Var Tourisme travaille désormais sur les quatre saisons. « On ne fait plus la promotion de l'été, on le déconseille presque ! », affirme Decard, soulignant les défis du changement climatique, des feux de forêt, des inondations et d'une fréquentation dense depuis la crise du Covid-19.

Des garde-fous historiques : plan Prost et loi Littoral

L'urbanisme des vacances a marqué les paysages varois depuis les congés payés. Dès 1923, le plan Prost a protégé la côte varoise, contrairement aux Alpes-Maritimes. La loi Littoral, soixante ans plus tard, a renforcé cette protection. « Le Var conserve une image préservée, un avantage capital pour l'avenir », estiment les spécialistes.

Malgré tout, des impacts existent : dans les années 1950, la construction des ports de plaisance a explosé, et des scissions communales ont eu lieu (ex: Le Lavandou se sépare de Bormes-les-Mimosas). Les années 1960 ont vu l'apparition de grands immeubles et de l'hôtellerie horizontale, comme aux Issambres, ou de sites bâtis de toutes pièces comme Port-Grimaud en 1966.

Les résidences secondaires, un enjeu majeur

Aujourd'hui, les résidences secondaires représentent 80 % des lits touristiques selon une étude Audat.var de janvier 2026. Dans certaines communes comme Le Lavandou ou Le Rayol-Canadel, elles dépassent 70 % des logements, mettant la pression sur le logement local. Des élus ont voté des majorations de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et expérimentent des solutions pour loger les saisonniers, cherchant un équilibre pour durer encore 90 ans.

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