Les plages privées de Cannes, annexes du Festival
Le long de la Croisette, elles sont les annexes, mi-mondaines mi-studieuses, du festival. Sable fin et vue sur la baie. Ce vendredi à midi, sous le ciel tendu de voiles blanches de la plage Vega, on reconnaît Elsa Zylberstein, Jennifer Ayache, chanteuse des Superbus. Michel Denisot est un habitué. Vincent Cassel et Pio Marmaï sont passés. Ce soir, Mosimann mixera. Les équipes des films, les partenaires du festival et les touristes vont et viennent dans cet établissement à la fois restaurant, café et club.
Vingt-deux plages privées jalonnent le front de mer cannois, en alternance avec des plages publiques. « L’exploitation de ces parcelles est attribuée par la Ville après appel d’offres, sur la base d’un cahier des charges strict, en termes d’aménagement, de signalétique, de volume sonore… » précise Boris Pavlovic, 49 ans. Il a créé cette plage Vega il y a trois ans, avec sa femme Charlotte et plusieurs partenaires : des médias comme « Gala » en ont fait leur QG, et c’est le Bordelais Bernard Magrez qui fournit les vins.
Une soixantaine de personnes y travaillent, de 10 heures à 2 heures du matin. Les plages privées ne sont pas réservées aux oiseaux de nuit. En journée, elles sont devenues des annexes, mi-mondaines, mi-studieuses, du Palais des festivals, accueillant interviews, déjeuners, cocktails professionnels. Et elles sont ouvertes toute l’année. « Il y a 200 jours de congrès par an à Cannes… »
La particularité du festival, c’est le bref délai de préparation. La sélection officielle est annoncée un mois à peine avant le coup d’envoi. « Il faut aller vite, contacter les équipes des films, faire des propositions de scénographie, de musique, d’organisation pour leurs soirées ou sessions d’interview, note Boris Pavlovic. En fonction des événements, le décor change cinq ou six fois par jour. Les kakémonos, les lumières, les espaces pour les séances photos… Une plage privée doit être un écrin très modulable. » Quant au budget de ces opérations, motus. Boris Pavlovic préfère évoquer l’étoffe humaine de son activité, comme la rencontre récente avec Gilles Lellouche, « adorable, très courtois ».



