Depuis 36 ans, Aymerick Bignonneau exploite le ponton du Garden Beach hôtel à Juan-les-Pins pour des activités de sports nautiques. Mais depuis 2023, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) l'accuse d'exercer « sans droit ni titre ». Il dénonce une « inégalité de traitement » et a lancé une pétition en 2024, signée par 164 personnes.
Un conflit avec l'administration
Selon la DDTM, le ponton est considéré comme « balnéaire », ce qui interdit les sports nautiques de vitesse. Aymerick Bignonneau affirme avoir toujours bénéficié d'autorisations municipales et d'une délégation de service public avec l'hôtel. Il estime que d'autres pontons similaires proposent ces activités sans problème.
Le maire, Jean Leonetti, a demandé à la DDTM de conserver un chenal d'accès pour permettre à l'exploitant de sortir ses bateaux et d'opérer au-delà de la bande des 300 mètres. Cependant, des irrégularités ont été relevées et une commission nautique a été convoquée, sans que Bignonneau en soit notifié.
Une promesse non tenue
On lui avait promis un appel d'offres pour se relocaliser sur l'épi Saint-Honorat, mais la mairie a annoncé ne pas avoir eu le temps de le lancer, le condamnant à une année blanche. En parallèle, il a découvert que l'hôtel Belles Rives, voisin, serait dans la même situation selon lui, mais la DDTM conteste, affirmant que les situations ne sont pas comparables.
Des difficultés financières et juridiques
Face à l'absence de revenus, Bignonneau a demandé l'autorisation d'installer des pédalos et des paddles pour survivre, mais cela a été refusé en raison de la loi Littoral. Il s'inquiète de la disparition de l'offre touristique : « Il y a quelques années, nous étions sept bases nautiques, aujourd'hui je suis le dernier. »
Il a donc décidé d'attaquer la DDTM au tribunal administratif pour « inégalité de traitement et irrégularités de procédure ». La DDTM maintient que le ponton est destiné aux activités balnéaires et que l'ancien chenal de navigation a été supprimé par arrêté préfectoral.
La position de la mairie
La municipalité confirme que le contrat de délégation de service public avec la Compagnie Financière de Choiseul n'autorise que les activités balnéaires, pas les sports nautiques. Elle précise que le refus d'installer des pédalos et paddles relève du cadre juridique existant.
Concernant l'épi Saint-Honorat, la Ville prévoit de lancer une procédure de DSP pour un seul lot au dernier trimestre 2026, avec une mise en exploitation prévue à l'été 2027. En attendant, Bignonneau reste dans l'incertitude.



