Cannes se transforme en scène à ciel ouvert avec une comédie musicale immersive
Le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes vient de révéler son projet promotionnel le plus ambitieux à ce jour : 'Rendez-vous à Cannes', une comédie musicale immersive de 3 minutes 45 qui métamorphose la ville en décor vivant. Pensé pendant près de deux ans, ce film transforme la destination en une expérience artistique totale, entre imaginaire assumé et ancrage territorial profond.
Une vision aérienne qui place le spectateur au cœur de l'action
Le film s'ouvre sur une silhouette suspendue au-dessus de la baie de Cannes, portée par une musique aérienne et presque irréelle. Comme un écho contemporain à Peter Pan, cette figure survole palmiers, façades mythiques et rivages avant d'atterrir dans une ville qui se révèle progressivement comme une immense scène à ciel ouvert. Le regard suit cette trajectoire fluide qui glisse de la Croisette aux hauteurs du Suquet, s'attarde sur les marches emblématiques du Palais, frôle les lettres d'hôtels iconiques avant de s'échapper vers la mer Méditerranée.
"L'idée, c'est de mettre le spectateur à la place de celui qui tombe du ciel", résume Hamed Oualdi, chef du studio multimédia du Palais des Festivals. Cette approche immersive est rendue possible par l'utilisation de drones FPV (First Person View) qui permettent des prises de vue spectaculaires et dynamiques.
Une mécanique artistique redoutablement précise
Derrière cette apparente légèreté se cache une organisation extrêmement rigoureuse. "On peut considérer que c'est le troisième film de cette ampleur en une dizaine d'années", précise Hamed Oualdi. Loin du simple film carte postale traditionnel, l'ambition était claire : "Enrober la promotion avec quelque chose de plus artistique".
Le pari était audacieux : écrire un scénario cohérent, repérer les lieux de tournage et coordonner musiciens, danseurs et techniciens tout en composant avec les aléas météorologiques et les contraintes calendaires. La musique, composée sur mesure par Cyrille Lehn, est même devenue le socle fondamental du projet. "Le scénario a donné le timing de la partition", explique Hamed Oualdi.
La danse comme fil conducteur à travers l'espace urbain
Côté chorégraphie, le défi était tout aussi exigeant. Francesco Curci, professeur chorégraphe au Pôle national supérieur de danse Rosella-Hightower, a adopté une approche instinctive et adaptative. "Proposer quelque chose sans être dans le lieu, ça ne marche pas. La danse doit s'intégrer à l'espace", insiste-t-il.
Les escaliers du Suquet, les esplanades, les plages et même les toits sont devenus autant de scènes à investir. "Danser dehors, c'est totalement différent. Ça réveille autre chose", poursuit le chorégraphe. Les chorégraphies, pensées comme un fil conducteur, se sont recomposées au gré des lieux et des contraintes techniques imposées par la caméra.
Une séquence aquatique d'une exigence physique extrême
Le film culmine avec une séquence finale presque irréelle où, sous la surface marine, l'action bascule dans un autre monde. Lola Lyonnard et Axel Barranco, du Cercle des nageurs de Cannes, prolongent la chorégraphie en apnée dans un moment suspendu hors du temps.
"Elle est descendue une trentaine de fois, tenant jusqu'à deux minutes sous l'eau à chaque prise", raconte Hamed Oualdi à propos de Lola Lyonnard, soulignant l'exigence physique extrême de cette performance subaquatique.
Une vitrine stratégique pour le rayonnement international
Au-delà de la performance artistique, 'Rendez-vous à Cannes' s'inscrit dans une stratégie de rayonnement international pour la destination. Produit par le Palais des festivals, le film sera diffusé sur les plateformes digitales et utilisé comme outil de promotion auprès des professionnels du tourisme.
"Ce sera aussi sa capacité à séduire et à être repris par les acteurs du territoire", souligne Régis Courvoisier, directeur marketing et communication du Palais. Hôtels, plages, institutions culturelles : tous pourront s'approprier ce contenu pour raconter Cannes à leur manière, créant ainsi une narration cohérente et partagée de la destination.
Quand la musique s'éteint, il reste cette impression étrange, presque enfantine : celle d'une ville qu'on traverse comme un rêve éveillé, entre ciel et mer, où chaque coin de rue devient potentiellement une scène de spectacle vivant.



