Amazon obtient l'autorisation pour 4.500 satellites Leo afin de concurrencer Starlink
Amazon autorisé à lancer 4.500 satellites contre Starlink

Amazon accélère dans la course aux satellites avec l'aval des autorités américaines

Amazon a finalement obtenu le feu vert tant attendu des autorités américaines pour lancer plus de 4.500 satellites de télécommunication de seconde génération. Cette autorisation de la FCC (Commission fédérale des communications) marque un tournant stratégique pour l'entreprise, qui cherche désespérément à rattraper son retard considérable sur Starlink, le projet phare d'Elon Musk dans le domaine des constellations satellitaires.

Un déploiement massif pour une couverture mondiale

Le projet Leo (anciennement connu sous le nom Kuiper) entre dans une phase cruciale avec cette validation réglementaire. Amazon avait soumis une double demande à la FCC : d'une part l'autorisation de déployer cette nouvelle flotte de 4.500 satellites de seconde génération, d'autre part une prolongation des autorisations pour sa première génération de satellites. Les deux requêtes ont été acceptées, permettant à l'entreprise de viser une couverture mondiale, avec une attention particulière pour les régions polaires traditionnellement mal desservies.

Parmi ces nouveaux satellites, 1.292 appareils seront spécifiquement dédiés aux zones reculées comme l'Alaska et le nord du Canada, où les infrastructures de télécommunication terrestres sont quasi inexistantes. Cette orientation stratégique répond à un besoin crucial de connectivité dans des territoires isolés.

Des capacités techniques améliorées

La seconde génération de satellites Leo apporte des avancées technologiques significatives. Ces nouveaux appareils couvriront des fréquences radio étendues, notamment la bande V et les bandes Ku (10,7-12,7 GHz, 12,75-13,25 GHz et 14,0-14,5 GHz). Il est important de noter que Starlink exploite déjà ces fréquences depuis 2022, ce qui place Amazon dans une position de suiveur technologique.

Les satellites Amazon fonctionneront également à des niveaux de puissance plus élevés que leurs prédécesseurs, permettant d'améliorer sensiblement les débits de transmission. Grâce à ce déploiement massif, la constellation Leo devrait compter plus de 7.700 satellites opérationnels, se rapprochant ainsi des 8.300 satellites actuellement déployés par Starlink.

"Plus de capacité, plus de couverture et un débit accru, c'est bon pour les clients du monde entier", a déclaré Rajeev Badyal, vice-président d'Amazon en charge du projet Leo, sur la plateforme LinkedIn.

Un retard important mais des ambitions maintenues

Les documents d'approbation de la FCC révèlent cependant l'ampleur du retard accumulé par Amazon. L'entreprise devait initialement lancer la moitié de ses 3.232 satellites prévus au 1er juillet, mais n'en compte aujourd'hui que 180 en orbite. Seulement 700 appareils supplémentaires devraient être lancés d'ici le milieu de l'été, ce qui a conduit la FCC à accorder un délai supplémentaire à l'entreprise.

Malgré ce retard, Amazon promet des performances impressionnantes avec des débits pouvant atteindre 1 Gbit/s pour les clients professionnels, surpassant ainsi les offres de nombreux concurrents. La FCC a toutefois temporairement mis de côté la demande d'Amazon concernant l'utilisation des bandes de fréquences 20,2-21,2 GHz et 30,0-31,0 GHz, reportant cette décision à une date ultérieure.

Une accélération des lancements programmée

Amazon ne compte pas se laisser distancer plus longtemps. L'entreprise a signé un partenariat avec Ariane 6 pour mettre en orbite plusieurs de ses satellites, avec un nouveau vol prévu dès ce jeudi 12 février. Cette collaboration marque le début d'une phase intensive de lancements destinée à combler le retard sur Starlink.

Le projet Leo représente un investissement stratégique majeur pour Amazon dans le secteur des télécommunications spatiales, avec l'ambition de créer une alternative crédible à la domination actuelle de Starlink. La course aux constellations satellitaires s'intensifie donc, avec des implications potentielles importantes pour la connectivité mondiale et l'équilibre concurrentiel dans ce secteur en pleine expansion.