Créée en 2019, la société Hybrid Propulsion for Space, ou HyPrSpace, est l'une des plus prometteuses d'Europe dans la catégorie des microlanceurs. Cette jeune pousse de l'aérospatiale met les turbos pour conquérir le marché du spatial.
Un microlanceur nommé OB-1
Le nom de son microlanceur n'est pas seulement teinté d'humour : OB-1 (référence à Obi-Wan, un Jedi de « La Guerre des étoiles »), pour Orbital Baguette One. Dans le monde de l'aérospatiale, la start-up HyPrSpace assume clairement son statut français. Le « boulanger de l'espace », fondé en 2019 au Haillan, fait partie des pépites du spatial. Celle-ci développe des microlanceurs réutilisables à propulsion hybride, une technologie brevetée qui combine les avantages des moteurs à ergols liquides et solides, tout en utilisant du plastique recyclé comme carburant. Une innovation qui fait sauter un verrou technologique vieux de plus de cinquante ans.
Le moteur Terminator : une rupture technologique
Son moteur Terminator nécessite en moyenne 30 fois moins de pièces que la concurrence, via une technologie unique et brevetée. Résultat : un coût de lancement réduit de 40 %, une empreinte carbone allégée et une sécurité accrue – le moteur hybride ne peut pas exploser et s'expose à beaucoup moins de défaillances. Inédit et breveté, le moteur Terminator d'HyPrSpace compte 30 % de pièces en moins que les moteurs concurrents.
100 millions d'euros levés
La trajectoire financière de l'entreprise assoit sa crédibilité. Après un financement de 35 millions d'euros obtenu fin 2023 dans le cadre de France 2030, HyPrSpace a bouclé en novembre 2025 une levée en série A de 21 millions d'euros supplémentaires, menée par Red River West et le fonds DeepTech 2030 géré par BPI France. L'objectif affiché de cette société bordelaise qui, au total, a levé une centaine de millions d'euros, est clair : devenir le leader mondial de la propulsion hybride et renforcer la souveraineté spatiale européenne.
Pour y arriver, elle doit franchir deux nouveaux caps : entrer dans la phase industrielle de la production de son moteur et, après les essais de qualification au sol déjà réalisés, réussir le premier lancement depuis la France continentale, à partir d'un site de la Direction générale de l'armement (DGA), dans les Landes (à Biscarrosse) ou dans le sud de la France.
Un premier tir cette année et un décollage côté emploi
« Quoi qu'il en soit, on se tient prêts à décoller pour un vol suborbital d'ici à la fin de l'année 2026. Nous sommes dans les temps », assure Quentin Clément, coordinateur communication d'HyPrSpace, une société qui décolle aussi sur le plan de l'emploi. De 60 salariés en 2025, l'entreprise est passée à 130 collaborateurs et prévoit 50 recrutements supplémentaires jusqu'en décembre. Ce qui, à un moment donné, posera la question de la taille actuelle de son usine.
« Nous recrutons tous azimuts des ingénieurs, électroniciens, informaticiens, mécaniciens, spécialistes de l'avionique, de la propulsion, et nous le faisons le plus rapidement possible, car nous sommes engagés dans une course mondiale dans le domaine des microlanceurs et nous voulons garder de l'avance sur la concurrence, reprend Quentin Clément. Cela passera sans doute par un déménagement sur un site plus vaste. Nous explorons actuellement plusieurs pistes… Bien accompagnés par la Région Nouvelle-Aquitaine depuis le début de l'aventure, nous tenons à rester sur ce territoire qui est clairement favorable à l'émergence de champions du spatial. »



