Serica compacte sa field watch sans en trahir l'âme. Alpina et Watch Angels inventent la première fonction mécanique vraiment utile en cockpit. Victorinox entre dans l'ère solaire avec la cohérence d'un couteau suisse. Et Passion Horlogère fête quinze ans d'indépendance avec une Chronofixe à 395 €, numérotée et sincère. Des montres différentes, des ambitions différentes mais partout la même obsession : justifier leur place au poignet.
Victorinox passe à l'heure solaire
Fondée en 1884 à Ibach-Schwyz, Victorinox n'est pas une marque horlogère au sens strict. C'est d'abord une coutellerie, celle du Swiss Army Knife, l'outil rouge à tout faire devenu icône mondiale. Les montres sont venues plus tard, dans le sillage logique d'une marque qui a toujours vendu la même idée : l'outil juste, fiable, sans superflu. La Concept One s'inscrit dans cette continuité. Sixième édition d'une ligne entamée pour recentrer l'offre horlogère de la maison, elle marque pourtant un vrai tournant : c'est la première montre solaire de Victorinox. Le mouvement, c'est un Ronda 215 fabriqué en Suisse. Pile de huit ans, recharge sous lumière naturelle ou artificielle, démarrage après une minute d'exposition au soleil, réserve de marche de huit mois dans l'obscurité totale. Le boîtier mesure 39 mm, étanche à 100 mètres. Sur le papier, c'est du solide, exactement ce qu'on attend d'une marque dont l'ADN est la robustesse utilitaire. La version automatique, elle, embarque un La Joux-Perret G100 avec 68 heures de réserve de marche : assez pour survivre à un week-end sans montre au poignet, et reprendre le lundi sans s'être arrêtée. La lunette hexagonale satinée soleil, les aiguilles et index luminescents, les bracelets interchangeables sans outil, tout est pensé pour un usage réel, pas pour une vitrine. Esthétiquement, c'est minimaliste, géométrique, discret. Pas spectaculaire mais assumé. Les prix : à partir de 795 € pour le solaire, 1 295 € pour l'automatique. Victorinox garantit ses montres cinq ans. Une sortie des plus cohérentes.
Time Fest Vol. 3 : Bordeaux remet les montres à l'heure
Les 29 et 30 mai, le Time Fest revient pour sa troisième édition, plus dense et plus ambitieux que jamais : 5 000 visiteurs attendus, entrée libre, vente sur place. Le concept reste le même : radical dans sa simplicité. Pas de velours rouge, pas de noblesse intimidante. Des fondateurs et repreneurs de marques face au public, des montres dans les mains, des vraies conversations. C'est Édouard Daviaud (Des Montres & Vous), Jérémy Mauduit et Aurélien Cram (Parlons Montres), et Mavrick Potez (Mona Watches) qui orchestrent le tout depuis l'origine. Au programme cette année, plus de 29 nouvelles marques rejoignent l'aventure, dont Pequignet côté France, aux côtés de Baltic, Serica et March L.A.B. ; et Oris, Formex ou M.A.D. Éditions pour le versant international. Les conférences constituent le vrai marqueur différenciant de l'événement. Au menu : Nicolas Amsellem (Les Rhabilleurs) sur l'expertise au quotidien ; Paul Miquel (The Good Life) sur le storytelling horloger ; Judikael Hirel (Le Figaro) sur les années 1950 comme âge d'or de la montre ; Anthony Marquié et Grégoire Rossier (Watchfid) sur les mythes oubliés de l'horlogerie. Vendredi de 14h à 21h, samedi de 10h à 19h. Réservation gratuite sur timefest.fr. Le reste n'est qu'affaire de poignet.
Alpina invente la vraie montre de pilote
Fondée en 1883 sous le nom d'Union Horlogère Suisse, Alpina a toujours construit ses montres pour les environnements exigeants : étanchéité, antimagnétisme, anti-chocs. La collection Startimer incarne depuis des années son ancrage dans l'univers aéronautique. Belles montres, références assumées à l'aviation. Mais des montres d'inspiration, pas d'utilisation. La Startimer Pilot Chronograph Automatic IFR change de catégorie. Développée avec Watch Angels, laboratoire de R&D horloger basé à Arogno, en Suisse, elle introduit une fonction entièrement mécanique, une première mondiale : la visualisation instantanée des trajectoires d'intégration dans un circuit d'attente, le holding pattern. Cette phase d'approche IFR, réservée aux pilotes instrumentistes chevronnés, est l'une des plus complexes du vol. Jusqu'ici, aucune montre ne l'adressait vraiment. Le fonctionnement est d'une logique chirurgicale. Le pilote entre deux données sur la lunette bidirectionnelle en céramique : son cap actuel et le cap d'intégration requis. La montre restitue immédiatement le type d'entrée (directe, parallèle ou décalée), les caps à suivre, et le sens du circuit. Un code couleur tranche tout ambiguïté : orange pour le direct, rouge pour le décalé, bleu pour le parallèle. Aucun calcul. Aucune opération manuelle. La charge mentale du pilote s'allège. Le système est 100 % mécanique, totalement déconnecté du mouvement qui offre 62 heures de réserve de marche. Le boîtier fait 43 mm, étanche avec cadran soleillé bleu, chronographe, aiguille UTC et petite seconde à 9h. Édition limitée à 300 pièces. Prix : 4 295 €. Ce n'est pas une montre inspirée de l'aviation. C'est une montre issue de ses contraintes réelles.
Serica fait petit, mais pas moins
Il y a quelque chose d'entêté, chez Serica. Depuis sa création, la maison parisienne, implantée rue de Turenne, dans le Marais, s'est imposée un cahier des charges inflexible : des montres de terrain, robustes, certifiées chronomètre, sans fioritures inutiles. La Réf. 6190 était devenue l'incarnation de cette philosophie. Trop grande pour certains poignets, elle frustrait autant qu'elle séduisait. La Réf. 7505 règle le problème : 35 mm et 9,6 mm d'épaisseur. Un format resserré qui ne sacrifie rien à l'essentiel : même mouvement SoProd M100 certifié COSC, même étanchéité à 200 mètres, même cadran émaillé. Ce qui change, c'est le boîtier, entièrement nouveau. Les anses sont désormais courbes, sans chanfrein, les flancs polis viennent rompre la monotonie du brossé, et la lunette se ponctue de demi-sphères aux positions cardinales. Un langage formel cohérent, identifiable, qui reste incontestablement dans la famille. Trois cadrans au programme : le « Minute Critical Dial » en noir ou vert olive, conçu pour une lecture immédiate de l'échelle des 60 minutes, et le Tuxedo bi-ton, plus habillé dans l'esprit. Le bracelet Bonklip est entièrement redessiné, avec un nouveau fermoir Safe-Lock qui autorise le port légèrement desserré, un détail, mais un vrai. Les prix : 1 090 € pour le Minute Critical Dial, 1 190 € pour le Tuxedo. Cohérents avec le positionnement de la marque. Difficiles à contester.
Chronofixe célèbre les 15 ans de Passion Horlogère
En 2011, Thierry Gasquez lance Passion Horlogère. À l'époque, les médias horlogers indépendants francophones se comptent sur les doigts d'une main. Lui y croit. Il construit, article après article, interview après interview, un espace de référence pour les amateurs curieux, exigeants, passionnés sans être snobs. Quinze ans plus tard, Passion Horlogère s'est imposée comme l'une des voix les plus respectées de la communauté horlogère française. Pour marquer l'anniversaire, Passion Horlogère franchit une étape logique : signer sa première collaboration horlogère. Le partenaire choisi est Chronofixe, maison française dont les racines remontent à 1857, portant elle aussi une certaine idée de la montre utile et sincère. La montre prend pour base la Diver Chronofixe. Boîtier acier 316L de 37 mm, verre saphir, lunette unidirectionnelle 60 clics, étanchéité à 200 mètres, mouvement automatique NH35. Une base solide, sans fioriture inutile. Ce qui change, c'est l'âme. Le cadran adopte un bleu profond dégradé, la date disparaît pour un résultat plus épuré, plus authentiquement vintage. Deux lignes rouges en guise de clin d'œil tricolore. La couronne est gravée du logo Passion Horlogère, le fond porte les dates « 2011 – 2026 ». Chaque exemplaire est numéroté de PH001 à PH180 : 180, soit 15 années multipliées par 12 mois. La montre est livrée avec deux bracelets : cuir clair gravé et milanais acier. Prix : 395 €. Série limitée à 180 pièces. Une montre de média, portée par quinze ans d'une passion qui, visiblement, ne faiblit pas.



