RM Sotheby's Monaco : une vente aux enchères d'exception pour les automobiles de légende
Comme chaque année, la maison d’enchères RM Sotheby’s prépare l’une de ses ventes les plus attendues de la saison, rassemblant des modèles extrêmement rares issus de l’âge d’or du sport automobile et du luxe sur quatre roues. La date est stratégiquement choisie, précédant le Festival de Cannes, le Grand Prix de Monaco de Formule 1, et le salon Top Marques dédié aux supercars. Pour cette édition monégasque, RM Sotheby’s promet une sélection éblouissante, avec notamment une vente de Ferrari de course, toujours très prisée des collectionneurs en quête de modèles à l’histoire et au palmarès prestigieux.
Les Formules 1 Ferrari : des pièces de collection historiques
Parmi les quatre Formules 1 proposées sur le Rocher, une Ferrari 312 T3 de 1978, estimée entre 4,5 et 5,5 millions d’euros, se distingue particulièrement. Pilotée par Carlos Reutemann, douze fois vainqueur de Grands Prix de Formule 1, cette voiture a remporté quatre manches de la saison 1978, ainsi que le Grand Prix d’Argentine 1979 aux mains de Gilles Villeneuve. Conçue par Mauro Forghieri, seuls cinq châssis furent construits pour la saison 1978, et cet exemplaire légendaire a reçu la certification Ferrari Classiche en 2025.
En comparaison, la Ferrari F1-91 d’Alain Prost est estimée entre 3 et 4 millions d’euros, bien qu’elle n’ait jamais remporté de Grand Prix. Cette voiture marque la rupture entre le champion français et la Scuderia, suite à des critiques sur sa préparation et des tensions avec Ayrton Senna. Mis à pied par Ferrari, Prost a connu une année blanche en 1992 avant de revenir chez Williams en 1993 pour remporter son quatrième et dernier titre de champion du monde.
Deux spiders mythiques : Ferrari 250 GT SWB California et Porsche 550 Spyder
Au-delà des Formules 1, deux étoiles du bitume attirent toutes les convoitises : une Ferrari 250 GT SWB California Spider de 1961, magnifiquement carrossée par Scaglietti, et une Porsche 550 Spyder, semblable à celle avec laquelle James Dean a perdu la vie. Ces deux cabriolets mythiques offrent des visions opposées mais complémentaires de la performance. La Ferrari incarne la recherche de la mécanique la plus aboutie, quel que soit son poids ou son prix, tandis que la Porsche optimise le rapport poids-puissance pour exploiter au mieux les chevaux disponibles.
La Ferrari 250 GT SWB California Spider, produite à seulement 56 exemplaires à empattement court, est un joyau absolu. Il s’agit du 26e châssis construit, et l’une des 39 voitures configurées à l’origine avec des phares carénés, un détail esthétique qui ravit les puristes. Présentée au Salon de Francfort en 1961, elle incarne la maturité stylistique de Ferrari à l’aube des années 1960, avec des proportions parfaites et une élégance signée Scaglietti.
Récemment restaurée chez Dante Cognolato, une référence dans le monde Ferrari, cette voiture a obtenu son « Livre Rouge » Ferrari Classiche en 2019, attestant de l’authenticité de son moteur, transmission, pont arrière et carrosserie d’origine. Estimée entre 14,5 et 16,5 millions d’euros, elle s’annonce comme le clou de la vente, accompagnée d’un rare hard-top argenté, d’outils complets, de manuels d’origine et d’une documentation historique signée Marcel Massini.
La Porsche 550 Spyder : légèreté et ingénierie allemande
Face à la somptueuse italienne, la Porsche 550 Spyder représente une philosophie différente du sport automobile. Conçue pour les courses de gentlemen-drivers, cette barquette minimaliste incarne l’ingénierie allemande : pesant à peine 600 kg, avec un moteur « Fuhrmann » 1,5 litre quatre cylindres double arbre, elle offre un équilibre capable de défier des concurrentes plus puissantes. Jack McAfee l’a utilisée pour affronter des voitures plus lourdes et puissantes en course, glanant de nombreuses victoires locales.
Après avoir passé entre les mains de collectionneurs aux États-Unis, en Afrique du Sud et en Europe, cette Porsche a bénéficié d’une restauration complète de six ans chez le spécialiste anglais Andy Prill, retrouvant sa livrée argent et ses sièges bleu marine. Estimée entre 4,5 et 6 millions d’euros, elle témoigne de la désidérabilité intacte de la 550, la première Porsche à avoir conquis l’Amérique.
Une collection complète d’icônes automobiles
Autour de ces vedettes, d’autres joyaux complètent l’affiche, tels qu’une Aston Martin DB5 Convertible, une Maserati A6G/54, et une Lamborghini Miura P400S. Un inventaire qui rivalise avec les plus grands musées automobiles. Les expositions des 23 et 24 avril offriront au public l’opportunité d’approcher ces icônes avant l’envolée des enchères. Le 25 avril au soir, lorsque le marteau de Sotheby’s retentira sous les voûtes du Grimaldi Forum, les passionnés retiendront leur souffle pour découvrir les nouveaux propriétaires de ces chefs-d’œuvre mécaniques.



