Zenith ressuscite son fantôme tropical
En 1969, pendant que le monde regardait la Lune, Zenith changeait discrètement l’horlogerie depuis Le Locle. Le calibre El Primero, premier chronographe automatique intégré à haute fréquence jamais produit, naissait dans les ateliers suisses avec, parmi ses montres-vitrines, une référence au boîtier tonneau immédiatement reconnaissable : l’A384. 107 ans plus tard, Zenith la ressuscite. Mais pas à l’identique. La maison aurait pu faire le choix du musée. Elle a préféré celui du temps qui passe.
La Chronomaster Revival A384 Tropical tire son nom d’un phénomène que les collectionneurs connaissent bien et redoutent de ne jamais trouver : le cadran tropical. Ces disques dont la laque originale, sous l’effet des UV et de l’oxydation, a viré au brun profond au fil des décennies. Chaque exemplaire ancien ainsi transformé est unique et aujourd’hui, précieux. Zenith reproduit ici cette patine de manière délibérée et maîtrisée : fond laqué blanc, compteurs brun chocolat dans une configuration dite « panda chocolat », échelle tachymétrique assortie, aiguilles et index traités en Super-LumiNova couleur radium vieilli.
À l’intérieur, le calibre El Primero 400, héritier direct du 3019 PHC de 1969, bat à 5 Hz, mesure au dixième de seconde, offre 50 heures de réserve de marche et révèle à travers le fond saphir sa masse oscillante en étoile à cinq branches, signature de la maison. Seule l’aiguille centrale de chronographe tranche, rouge vif, signal contemporain dans un cadran qui sent le grenier chic. Le boîtier en acier de 37 mm reproduit fidèlement les plans d’origine : profil tonneau, poussoirs pompe, alternance de polis et de brossés. Au poignet, le bracelet « échelle » de Gay Frères, développé pour Zenith en 1969, complète le tableau. 10 000 €.
Citizen ressuscite la « Brad Pitt Watch »
Il y a quelques semaines, Citizen sortait les nouvelles Tsuyosa Shore : cadrans solaires, couleurs vives, esprit plage, pour rappeler que la marque japonaise sait aussi faire dans le décontracté estival. Mais c’est une tout autre histoire que la maison raconte aujourd’hui. En 2019, Quentin Tarantino filmait le poignet de Brad Pitt dans Once Upon a Time in Hollywood. Le personnage de Cliff Booth portait tout au long du film un chronographe Citizen Bullhead doré sur bracelet bund cuir. Le succès du film provoqua une flambée immédiate des prix de la montre vintage sur eBay. Un modèle obscur venait de devenir culte.
Ce Bullhead, Citizen l’avait lancé en 1973 sous le nom « Challenger Timer ». Son génie tenait à un geste simple : faire pivoter le mouvement de 90 degrés, couronne et poussoirs remontés à 12 heures, donnant au boîtier sa silhouette de tête de taureau immédiatement reconnaissable. En 2026, Citizen la réédite avec la Tsuno Chrono. Boîtier acier de 38 mm, bracelet intégré, étanchéité à 50 mètres, mouvement quartz. Deux versions : cadran crème, fidèle à l’original, et cadran vert luminescent en édition limitée à 4 000 exemplaires mondiaux, dont 200 pour la France. Sur cette dernière, le compteur à 6 heures devient une fonction chronographe à part entière, plus fonctionnel, plus moderne. Le prix : 229 euros. Pour l’icône de Tarantino au poignet, sans attendre la prochaine vente aux enchères.
Certina joue la couleur sous pression
Fondée en 1888, Certina a toujours eu une obsession : que ses montres tiennent. En 1959, la marque suisse codifie cette obsession dans un concept, la Double Sécurité, ou DS, soit un verre saphir inrayable, un fond renforcé, une étanchéité poussée. Pendant des décennies, ce bouclier discret a accompagné des expéditions en Himalaya et des missions sous-marines de la NASA. En 2025, Certina remonte encore la barre avec le New DS Concept Extreme Shock Resistance : le mouvement est désormais vissé dans le boîtier via un écrou-bague, une plaque métallique ultrafine relie le cadran au mouvement, et le verre saphir est renforcé et légèrement bombé pour disperser les ondes de choc. Résultat : une résistance qui dépasse si largement la norme ISO 1413 que le dispositif de test a atteint sa propre limite pendant les essais. Ce n’est pas du marketing, c’est de l’ingénierie.
C’est ce nouveau système qu’embarquent les trois DS Action Diver 38 mm Titanium lancées aujourd’hui. Le format 38 mm en titane grade 2 change la proposition : étanche à 300 mètres, certifiée ISO 6425:2018, mais légère au point de se faire oublier au poignet. La lunette en céramique résiste aux rayures et à la décoloration. Le mouvement automatique Powermatic 80 offre 80 heures de réserve de marche. Mais la vraie rupture est chromatique. Trois versions : cadran gris avec Super-LumiNova turquoise, cadran bleu électrique avec accents orange, cadran noir avec touches rose vif, le « Flamingo ». Des couleurs qui revendiquent l’été sans sacrifier la rigueur technique. 1 085 €.
Rado fête 40 ans de céramique sur le poignet
En 1962, Rado lançait la DiaStar Original, première montre résistante aux rayures. Un début. En 1986, la marque suisse franchissait une étape autrement plus radicale : introduire la céramique haute technologie dans l’horlogerie. Une poudre d’oxyde de zirconium ultra-pure, moulée sous 1 000 bars, frittée à 1 450 degrés, polie aux outils diamantés, cinq à six semaines de fabrication pour atteindre 1 250 Vickers de dureté. Un matériau inrayable, léger, hypoallergénique, qui ne vieillit pas. Cette révolution silencieuse sort des ateliers de Comadur, laboratoire maison du Swatch Group qui développe et produit toute la céramique de Rado depuis le premier jour.
La montre qui porta cette ambition en 1986 s’appelait alors DiaStar Anatom. En 1988, elle devient l’Integral, un nom qui dit tout : boîtier, bracelet et verre saphir bombé ne forment qu’un seul corps continu, fluide, immédiatement reconnaissable. Une silhouette rectangulaire d’une cohérence rare, noire et or, qui traversa les décennies sans jamais paraître démodée. Quarante ans plus tard, Rado sort l’Integral 40-Year Anniversary. Le modèle original est respecté dans ses proportions et son esprit, légèrement agrandi à 28 × 39,8 mm. Le boîtier acier revêtu PVD or jaune, le cadran noir brossé verticalement, les aiguilles et index or avec Super-LumiNova, le bracelet mixant acier doré et maillons en céramique noire polie, tout renvoie à 1986, avec la précision des techniques d’aujourd’hui. Au fond, gravé : Since 1986, Anniversary Edition. 2 600 €.
LIP remet les gaz au Paul Ricard
Besançon, capitale française de l’horlogerie. C’est là que LIP a forgé, depuis le XIXe siècle, une réputation bâtie autant sur le savoir-faire que sur l’audace. Et l’automobile a toujours fait partie de l’histoire. Fred Lip, petit-fils du fondateur, avait cette double passion chevillée au corps : il équipa de chronomètres maison les Ferrari 410 Superamerica en 1956 et la Lamborghini Miura P400 S en 1969. La mécanique de précision au service de la mécanique de puissance, une évidence. Soixante ans plus tard, la maison bisontine renoue avec ce fil conducteur.
Pour la troisième année consécutive, LIP est chronométreur officiel du Grand Prix de France Historique, qui se tient les 8, 9 et 10 mai 2026 au Circuit Paul Ricard. L’édition s’annonce exceptionnelle : 225 voitures en piste, plus de 60 Formule 1 des années 1970-2010, et la présence d’Isack Hadjar au volant de la Red Bull RB7, la monoplace avec laquelle Vettel avait écrasé la saison 2011 avec 12 victoires. Pour marquer l’événement, LIP sort une édition limitée à 1 906 exemplaires numérotés : le Chronographe Rallye Méca-Quartz GPFH 2026. Cadran « ninja » bleu et blanc dont les teintes rappellent les bandes run-off du Paul Ricard, drapeau à damier reliant les deux compteurs, aiguille centrale rouge au 1/5e de seconde avec remise à zéro instantanée, échelle tachymétrique, boîtier acier 39 mm. Une montre de circuit, pour vrai. 349 €.



