Watches and Wonders : Cartier, TAG Heuer et Tudor dévoilent leurs nouveautés horlogères
Nouveautés horlogères Cartier, TAG Heuer, Tudor à Watches and Wonders

Watches and Wonders : l'horlogerie en ébullition pour son deuxième acte

Après une première journée riche en inspirations, marquée par la présence notable d'Audemars Piguet au Palexpo, la déambulation se poursuit d'un stand à l'autre. Entre réinterprétations d'icônes, audaces esthétiques et innovations techniques, les grandes maisons horlogères dévoilent leurs créations pour cette édition. Cartier, TAG Heuer, Tudor, Grand Seiko, March LA.B et IWC présentent des pièces qui mêlent héritage et modernité, offrant un panorama complet des tendances actuelles.

Cartier : la maîtrise de l'héritage et de l'innovation

Fidèle à son dessin originel, la Santos-Dumont introduit un bracelet en métal souple qui prolonge la boîte et en modifie subtilement la perception. Un maillage fin, composé de centaines de maillons, associé à des boîtiers en or jaune, acier ou platine, animés par le calibre manufacture 430 MC à remontage manuel. Les cadrans, du classique argenté soleil à des propositions plus singulières comme l'obsidienne, renforcent cette tension entre héritage et sophistication.

Pour son dixième opus, la collection Cartier Privé réunit trois modèles emblématiques – Tank Normale, Tortue Chronographe Monopoussoir et Crash Squelette – en platine, autour d'une signature chromatique bordeaux. La Crash Squelette s'impose comme la pièce la plus radicale du trio. Son boîtier aux volumes déformés accueille un calibre manufacture squeletté dont l'architecture épouse la forme même de la boîte. Les ponts, dessinés en chiffres romains, structurent le cadran. Le mouvement devient décor, dans une pièce où l'esthétique dicte la mécanique.

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La collection Tortue s'enrichit de nouveaux modèles, entièrement redessinés, aux proportions plus généreuses et aux lignes adoucies. Déclinée en or jaune, rose ou gris, parfois sertie, elle alterne cadrans épurés à motif estampé et versions joaillières pavées. Les modèles mécaniques embarquent le calibre 430 MC, tandis que les formats plus compacts privilégient le quartz, dans une logique de confort et de finesse. Dans ce même registre joaillier, la Baignoire se réinterprète autour du motif clou de Paris, déployé du bracelet jonc jusqu'au cadran.

La Myst de Cartier explore un registre joaillier plus conceptuel : construction sans fermoir, volumes sculpturaux, jeu de laque et de sertissage composent une montre pensée comme un objet. Enfin, la Roadster fait son retour dans une approche plus technique, avec des boîtiers galbés et une lecture inspirée de l'univers automobile.

TAG Heuer : le chronographe réinventé

Difficile de parler de chronographe sans citer TAG Heuer. Depuis la fin du XIXe siècle, la maison multiplie les avancées dans la mesure du temps. Un ADN que la marque remet au centre du jeu cette année à Watches and Wonders, avec deux nouveautés articulées autour de la Monaco.

En tête d'affiche, la Monaco Chronograph, réinterprétation directe du modèle lancé en 1969, première montre-bracelet chronographe automatique carrée et étanche. Cette nouvelle version conserve les fondamentaux qui ont fait son identité, à commencer par son boîtier carré de 39 mm, ici retravaillé en titane grade 5 avec des lignes plus nettes et des flancs légèrement incurvés pour améliorer le confort au porter. Le cadran bi-compax, structuré autour de deux compteurs horizontaux et d'un guichet de date à 6 heures, gagne en lisibilité grâce à un travail précis sur la typographie et le contraste. L'ensemble est animé par le calibre manufacture automatique TH20-11, évolution du TH20-00, offrant 80 heures de réserve de marche. Déclinée en plusieurs versions – bleu, vert inspiré du British Racing Green ou noir plus contemporain – cette Monaco revient à une lecture plus fidèle de son dessin d'origine.

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Dans un registre plus radical, la manufacture dévoile également la Monaco Evergraph, qui pousse encore plus loin l'approche du chronographe. Le modèle introduit un nouveau calibre TH81-00 doté d'un oscillateur en carbone composite, conçu pour offrir une résistance accrue aux champs magnétiques et aux variations de température. Le cadran squeletté, largement ouvert, met en évidence l'architecture du mouvement, tandis que le boîtier de 40 mm, décliné notamment en titane avec traitement DLC, accentue la dimension technique de l'ensemble. Avec cette Evergraph, TAG Heuer propose une lecture plus expérimentale de la Monaco, tournée vers la performance et l'innovation.

Tudor : célébration d'un centenaire et innovations techniques

La nouveauté la plus marquante de la saison chez Tudor est sans doute la Monarch, nom d'une ligne lancée dans les années 1990. La marque, qui célèbre son centenaire à bas bruit, revisite son héritage en empruntant les codes esthétiques du siècle passé. Boîtier facetté d'inspiration années 1930 de 39 mm, bracelet coordonné, cadran à effet « papyrus », rappelant les cadrans des années 1970, chiffres romains et arabes en applique, petite seconde - une nouveauté chez Tudor - à 6 heures : l'ensemble regarde en arrière sans verser dans la reconstitution. Le calibre manufacture MT5662-2U, visible par le fond - très rare sur les modèles de la marque - reçoit pour l'occasion des finitions plus traditionnelles qu'à l'accoutumée – perlage, Côtes de Genève, rotor traité à l'or 18 carats – et l'ensemble décroche la certification Master Chronometer. Une montre plus habillée, plus atypique aussi, qui tranche dans le paysage Tudor.

La Royal revient elle aussi en force. Toujours positionnée sur le terrain sport-chic, avec bracelet métallique intégré, lunette crénelée et boîtiers en acier ou acier et or, elle évolue cette année par petites touches décisives : nouvelles couleurs de cadran, nouvelles proportions en 30, 36 et 40 mm, intégration revue entre boîte et bracelet, et surtout généralisation des calibres manufacture sur la ligne. Une montée en gamme nette pour un modèle ancien dans l'histoire de la marque, dont le nom remonte aux années 1950.

Dans un registre plus technique, la Black Bay Ceramic poursuit sa démonstration avec une version all black dotée, fait notable, d'un bracelet entièrement en céramique. Boîtier monobloc de 41 mm, cadran ton sur ton, calibre MT5602-U, certification Master Chronometer : Tudor pousse ici encore plus loin sa maîtrise de la céramique et du noir intégral. La Black Bay 54 s'habille cette fois d'un bleu saphir qui renvoie au fameux « bleu Tudor ». Toujours fidèle à l'esprit de la référence 7922 de 1954, elle conserve son boîtier de 37 mm, sa lunette épurée et son allure ramassée, mais déplace subtilement le centre de gravité du modèle par la seule couleur. Enfin, la Black Bay 58 GMT étend encore la ligne avec un boîtier de 39 mm et une lunette bordeaux et noire aux accents dorés. Animée par le calibre MT5450-U GMT certifié Master Chronometer, elle injecte la fonction voyage dans l'une des silhouettes les plus convaincantes du catalogue Tudor.

Grand Seiko : la précision extrême et l'artisanat

Chez Grand Seiko, la plongée n'est pas un terrain d'expérimentation mais de précision. Avec les nouvelles Evolution 9 « Ushio » 300 m, la maison nippone muscle le jeu : boîtier en titane haute intensité, 40,8 mm de diamètre – le plus contenu jamais proposé sur une diver Grand Seiko – et une construction pensée pour le réel : lunette céramique à 120 crans, étanchéité 300 mètres, fermoir à extension avec micro-ajustement. À l'intérieur, le nouveau calibre Spring Drive 9RB1 introduit la désignation U.F.A. (Ultra Fine Accuracy) avec une précision annoncée de ±20 secondes… par an. Une performance rendue possible par un oscillateur scellé sous vide et une gestion thermique calibrée au degré près. Visuellement, Grand Seiko reste fidèle à son langage. Cadrans « Ushio » (la marée en japonais) déclinés en bleu profond ou vert côtier, dégradés et texturés, associés à des index larges et facettés.

Autre proposition forte de la saison, la maison dévoile aussi une pièce Spring Drive à remontage manuel de la collection Masterpiece, entièrement gravée à la main. Inspirée de la cascade de Tateshina, elle déploie sur le cadran comme sur le boîtier un motif de lignes fluides destiné à restituer l'écoulement de l'eau. Le boîtier 44GS en platine 950 conserve une finesse remarquable de 9,6 mm, tandis que le calibre 9R02, développé par le Micro Artist Studio, offre 84 heures de réserve de marche. Limitée à 50 exemplaires, cette création sera disponible exclusivement dans les boutiques Grand Seiko à partir de juillet 2026.

March LA.B : l'élégance discrète et les petits formats

Depuis sa création en 2009, March LA.B cultive un rapport singulier à l'horlogerie, entre influences françaises et esprit californien. Une identité qui se traduit par des lignes affirmées, souvent géométriques, et une lecture du temps volontairement épurée. Modèle signature de la maison, l'AM2, introduite au début des années 2010 dans le sillage de la AM1, s'est imposée comme l'un des piliers esthétiques de March LA.B avec son boîtier anguleux inspiré des années 1970 et ses index horizontaux caractéristiques. Elle revient cette année dans une version XS pour « Extra Slim », pensée comme une véritable montre de ville. Le boîtier est ici réduit à 32 mm pour seulement 6,7 mm d'épaisseur, intégrant un mouvement mécanique à remontage manuel D101 signé La Joux-Perret, offrant 50 heures de réserve de marche. Le cadran guilloché « pied de poule », associé à des index horizontaux affinés à 1h, 5h, 7h et 11h, reprend les codes esthétiques de la collection, tandis que le bracelet « taille de guêpe » (18 à 14 mm) renforce sa silhouette élancée. Une pièce compacte, lisible, et immédiatement identifiable. Déclinée en trois versions – vert « Grall » sur acier, blanc « Shelter » sur bracelet lézard, ou or « Golden Hour » sur alligator noir – l'AM2 XS assume une élégance discrète, rétro juste ce qu'il faut.

Dans un registre plus compact, la maison dévoile également la Mini Mansart, version réduite de son modèle éponyme. Avec un boîtier de 19 mm pour seulement 13 grammes, cette montre « bouton » se distingue par sa présence minimaliste et son choix de cadrans – malachite, nacre ou noir laqué. Proposée sur bracelet acier ou alligator, elle s'inscrit dans une approche plus bijou, tout en conservant les codes graphiques propres à la marque.

IWC : vingt ans de collaboration avec Le Petit Prince

Entre innovations techniques, nouvelles matières et complications repensées, la saison est particulièrement dense chez IWC. Au cœur de cette actualité : la collection Le Petit Prince, qui célèbre les vingt ans de la collaboration entre la manufacture de Schaffhouse et les ayants droit d'Antoine de Saint-Exupéry. La gamme s'articule autour de plusieurs piliers, avec en fil conducteur ces cadrans bleu profond à finition soleillée. Au dos, gravé ou visible à travers un fond saphir teinté, le Petit Prince apparaît, suspendu dans son univers. Les Mark XX, en acier ou en or 5N, se déclinent en 40 mm et embarquent un calibre offrant 120 heures de réserve de marche. Les chronographes, en 41 ou 43 mm, apportent une lecture plus instrumentale avec le calibre 69385 à roue à colonnes, tandis que l'Automatic 36 élargit la collection.

Cette année, IWC fait évoluer la ligne par la matière avec une version en céramique blanche du Chronograph 41, associée à un cadran bleu dégradé. La Portofino Day & Night 34 complète l'ensemble avec une indication jour/nuit sur 24 heures. La manufacture va plus loin avec le calendrier perpétuel IWC-ProSet, entièrement synchronisé et réglable dans les deux sens, simplifiant radicalement l'usage de cette complication. La phase de lune gagne en précision, avec un écart d'un jour après 1 044 ans. La Pilot's Watch Venturer Vertical Drive, conçue pour le vol spatial, remplace la couronne par un système de commande par lunette. En parallèle, la technologie Ceralume introduit un boîtier entièrement luminescent.

Le salon Watches and Wonders confirme ainsi la vitalité de l'horlogerie, avec des maisons qui naviguent entre respect de la tradition et audace innovante, offrant aux amateurs un éventail de créations allant de la montre-bijou à l'instrument de précision.