Giorgio Armani : le patrimoine comme boussole
Lancé en 2025 comme un « dictionnaire » numérique, le projet Armani/Archivio de la maison de luxe italienne a répertorié sur une plateforme cinquante années de création signées Giorgio Armani. L’initiative se poursuit aujourd’hui dans un second chapitre plus incarné. Treize silhouettes, datées de 1979 à 1994, centrées autour de la veste, matrice du langage Armani, ont été reproduites à l’identique et mises en vente en magasin. Dans un luxe souvent axé sur la nouveauté et le renouvellement de tendances, la légitimité se joue désormais dans la capacité à repenser son héritage – et le remettre en circulation. En réinjectant ces pièces dans le présent, le style Armani, piloté par Silvana Armani et Leo Dell’Orco depuis le décès du créateur en 2025, devient une manière de transmettre cette identité aux nouvelles générations – et de leur laisser la liberté d’en proposer leur propre lecture.
Charlotte Cardin réinterprète Levi’s
Le choix de nommer la chanteuse Charlotte Cardin comme toute première ambassadrice de la marque en France illustre cette même démarche chez Levi’s. Plus qu’une simple image, ce partenariat souligne encore une fois la capacité d’une marque historique à laisser à la jeunesse le soin de réinterpréter ses fondamentaux. L’artiste canadienne de 31 ans démontre dans ce nouveau drop sa manière de détourner le denim pour en faire une silhouette à la fois minimaliste, effortless et très moderne, et inculque la nécessité de regarder au-delà d’un logo pour perpétuer toute une histoire.
Roger Vivier renforce son ancrage parisien
La maison française de souliers inaugure un nouveau flagship au 20, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, tout près de son premier atelier historique. Déployée sur deux niveaux, cette adresse, qui compte parmi les plus grandes de la marque, incarne un tournant stratégique : d’un côté, Maison Vivier, dédiée au patrimoine ; de l’autre, un espace pensé comme un décor habité, où les matériaux précieux, le mobilier design et les œuvres d’art cohabitent dans un esprit de cabinet de curiosités. Au cœur du parcours, l’Atelier Vivier propose un service sur-mesure, renforcé par la présence d’artisans en boutique. Une manière pour la maison, dirigée par Gherardo Felloni, d’ancrer son savoir-faire dans une expérience immersive et personnalisée.
Jonathan Anderson redessine le regard Dior
Loin d’être un détail dans une silhouette, l’accessoire est bien souvent le pivot stratégique de toute maison de luxe. Il aura fallu attendre cette saison pour voir enfin éclore une première collection « Eyewear » signée par Jonathan Anderson chez Dior. À travers une gamme solaire et optique, le créateur a imposé son esthétique hybride aux codes historiques du 30 Montaigne. Cette ligne été 2026 consacre la fusion de deux héritages : le trèfle à quatre feuilles, porte-bonheur du très superstitieux Christian Dior, devient le fil rouge des modèles Dior Clover, clin d’œil malicieux aux racines irlandaises de Jonathan Anderson. Des lignes architecturales de Dior Bow au minimalisme masculin réintroduisant le logo de 1946, le créateur fait des lunettes une démonstration de style qui incarne brillamment l’identité contemporaine de la maison.
L’escale coréenne de East Pacific Trade à Paris
Encore confidentielle en Europe, la marque coréenne East Pacific Trade s’offre une première percée parisienne avec un pop up au 52, rue Charlot (75003). Fondée par le shoemaker Jai Baek, la marque connue pour ses sneakers minimalistes s’inscrit dans une démarche où le shopping se pense comme une expérience culturelle. Pendant deux mois, cet espace se transformera en lieu hybride mêlant design, musique et édition, loin des codes classiques d’une boutique. Avec des installations olfactives, une sélection de livres pointue et une fine programmation de talks ou de DJ Sets, EPT suit la veine d’un nouveau commerce devenu prétexte pour créer du lien.



