Genève 2026 : Les grandes maisons horlogères dévoilent leurs créations les plus audacieuses
Genève 2026 : L'horlogerie dévoile ses créations audacieuses

Genève 2026 : L'horlogerie dans tous ses états

Les allées du Palexpo de Genève continuent de vibrer au rythme des déambulations des passionnés et professionnels. Les grandes maisons horlogères y présentent leurs collections 2026, marquées par des anniversaires significatifs, une audace créative renouvelée et une dimension ludique assumée. Ce quatrième jour confirme la vitalité exceptionnelle du secteur, où tradition et innovation dialoguent avec une maîtrise technique toujours plus impressionnante.

Hermès : Mystérieuses mécaniques en scène

La maison Hermès donne le ton avec une scénographie spectaculaire évoquant les coulisses d'un théâtre. Une structure monumentale en bois, traversée de cordes, de poulies et de contrepoids, sert d'écrin aux nouveautés réunies sous le thème « Mystérieuses mécaniques ». Les vitrines conçues comme des théâtres miniatures accueillent des pièces remarquables.

La pièce phare s'impose d'emblée : la Hermès H08 Squelette. Ce modèle de 39 mm en titane satiné présente un cadran entièrement ouvert sur le mouvement manufacture H1978S squeletté en titane. L'architecture ajourée organise une lecture graphique et lisible, avec des ponts et rouages mis en valeur. Une version aux nuances sourdes, tirant vers un taupe minéral, retient particulièrement l'attention par sa dimension architecturale accentuée.

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Plus loin, l'Arceau Samarcande introduit une complication rare chez Hermès : la répétition minutes. Le boîtier de 38 mm en or gris ou rose conserve les attaches asymétriques dessinées par Henri d'Origny, tandis que le cadran en cristal Saint-Louis ajouré laisse apparaître une tête de cheval. Le mouvement H1927 anime une sonnerie cristalline dans un hommage à la figure fondatrice de la maison.

La Slim d'Hermès Squelette Lune prolonge cette exploration technique avec sa phase de lune intégrée dans une architecture ajourée animée par le calibre H1953. Disponible en teintes bleue ou vert d'eau, elle conserve l'équilibre de la ligne tout en introduisant une dimension plus technique.

Surprise enfin avec la Slim d'Hermès Pocket Roaaaaar! qui met en scène un lion réalisé en marqueterie de bois à partir d'un dessin d'Alice Shirley. Dix essences différentes, découpées et assemblées à la main, dialoguent avec un cadran en émail grand feu, déplaçant le regard vers les métiers d'art.

Patek Philippe : Un anniversaire au sommet

Quelle année chez Patek Philippe ! En 2026, la Nautilus célèbre ses 50 ans au sommet des charts horlogers. La collection se décline en plusieurs nouvelles références, dont une version 41 mm en or gris ou platine, mais aussi, plus inattendu, une montre de bureau – première du genre – reprenant les codes du modèle iconique avec huit jours de réserve de marche.

La manufacture genevoise signe l'un des crus les plus denses du salon, où la maîtrise technique dialogue avec une créativité renouvelée. La Golden Ellipse revient dans une version vert olive aux proportions dictées par le nombre d'or, animée par le calibre automatique extra-plat 240.

La Cubitus fait un retour remarqué en accueillant pour la première fois une grande complication avec un quantième perpétuel squeletté. Le cadran, structuré par une trame de lignes horizontales, laisse entrevoir un mouvement de forme carré ultra-plat, comme filtré à travers des persiennes.

Dans un registre plus narratif, Patek Philippe dévoile un véritable manifeste de savoir-faire avec son automate Le Corbeau et le Renard. Sur le cadran, un décor miniature en relief donne vie à la fable : par un jeu de poussoirs, le corbeau laisse tomber son fromage – un emmental suisse – avant de le récupérer dans un mouvement inversé.

La Celestial nouvelle génération introduit pour la première fois l'affichage des heures de lever et de coucher du soleil. Sur un disque rotatif en saphir, la voûte céleste reproduit le ciel visible depuis Genève, avec phases de lune, trajectoires astrales et date en périphérie.

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La Maison célèbre les 30 ans de son Quantième Annuel avec la référence 5396R-016 en or rose et cadran beige sable « soleil ». La référence 4946G-001 en propose une interprétation plus contemporaine avec un cadran bleu-gris texturé effet « shantung ».

Impossible enfin de passer à côté de la flamboyante Heure Universelle au cadran rouge carmin. Pour la première fois proposée en or jaune sans sertissage, la référence 7129J-001 reprend les codes de cette complication emblématique avec un centre guilloché main au motif « vieux panier ».

Chanel : Le grand jeu horloger

Après avoir marqué les esprits l'an dernier avec la céramique bleue, Chanel poursuit cette saison un registre plus narratif avec Coco Game, une collection de 14 pièces qui transpose les codes du jeu – vidéo, de cartes, d'échecs ou de dominos – à l'horlogerie.

La J12 suit cette logique avec une Mademoiselle pixellisée, intégrée au cadran, transformée en aiguille de seconde ou suspendue en pampille à la couronne. La Boy·Friend transforme Gabrielle Chanel en dame de cœur sur un cadran pensé comme une carte à jouer.

La Première préfère une lecture graphique avec six charms qui épellent CHANEL et se balancent au rythme du poignet, tandis que la Code Coco convoque l'image du domino dans un contraste noir et blanc.

Pièce centrale, une horloge échiquier dont les deux reines donnent l'heure, dissimulée sous leur socle. La pièce était absente du salon, déjà vendue avant même d'avoir été présentée.

Autre pièce phare, la montre Gabrielle, où la silhouette de Gabrielle Chanel, sculptée en or blanc et sertie de diamants selon un « sertissage tweed » inédit, s'impose au centre du cadran dans sa pose la plus emblématique.

En parallèle, Chanel maintient son ancrage horloger avec des propositions plus techniques, à l'image de la Monsieur Lion Tourbillon. Boîtier en céramique noire mate de 42 mm, cadran ajouré et calibre manufacture 5.1 à remontage manuel structurent une pièce où le tourbillon volant intègre une tête de lion gravée au laser.

La J12 continue aussi d'évoluer hors de Coco Game avec de nouveaux formats 28 et 42 mm qui confirment la souplesse du modèle.

Piaget : L'art des pierres ornementales

Pour cette nouvelle édition, Piaget poursuit son travail autour des pierres ornementales et des surfaces texturées, en les intégrant au cœur de ses collections, du registre le plus classique aux pièces les plus expérimentales.

La pièce qui s'impose cette année est l'Altiplano Ultimate Concept Tourbillon. Dans ce boîtier d'une finesse record de 2 mm, Piaget intègre directement une pierre ornementale au sein même de la construction. Le modèle en or rose se distingue par une teinte brun chaud obtenue grâce à un cadran en œil-de-tigre aux reflets miel.

Piaget prolonge cette exploration à travers ses montres sautoirs, en réactivant un vocabulaire maison où la montre se porte autant qu'elle se regarde. Pierres ornementales, volumes libres, chaînes longues : l'objet horloger glisse vers le bijou.

Autour de ce noyau, la Piaget Polo évolue dans la continuité. Les cadrans en sodalite renforcent la présence minérale de la collection, tandis que le motif de godrons – signature de la ligne depuis 1979 – structure toujours la boîte et le bracelet.

Parmigiani Fleurier : Trente ans de grâce technique

À l'occasion de son 30e anniversaire, Parmigiani Fleurier articule sa saison autour de la Tonda PF. En tête d'affiche, le Chronographe Mystérieux, une première mondiale qui reconfigure la lecture du chronographe. Au déclenchement, trois aiguilles apparaissent au centre pour mesurer heures, minutes et secondes, sans sous-compteurs.

Cinq aiguilles sont en réalité superposées, orchestrées par un calibre PF053 à triple embrayage. À l'arrêt, rien ne distingue la montre d'une trois aiguilles. Cette pièce s'inscrit dans une trilogie également présentée en World Première, réalisée en platine et limitée à 30 exemplaires par fonction.

La Tonda PF Chronographe 40 mm recentre le propos sur les proportions. Boîtier en or rose, diamètre contenu, cadran Mineral Blue guilloché « grain d'orge », sans date. Le calibre PF070, à haute fréquence (5 Hz), délivre 65 heures de réserve de marche.

Enfin, la collection Toric 30e anniversaire développe un travail poussé sur la matière, avec des cadrans en or martelé à la main et des mouvements à remontage manuel intégrant des ponts en or. Trois modèles – petite seconde, quantième perpétuel et chronographe à rattrapante – chaque référence étant limitée à 30 pièces.

H. Moser & Cie. : Les cool kids montent en grade

Tout un symbole : en quittant le Carré des Horlogers pour s'installer en pleine allée centrale, H. Moser & Cie. change de statut. Pour marquer le coup, la manufacture frappe juste avec une relecture de sa ligne Streamliner à travers une collaboration avec Reebok.

La Streamliner Pump, déclinée en noir et blanc, transpose en horlogerie le geste iconique de la sneaker : un poussoir orange remplace la couronne et permet de remonter le mouvement par simple pression. Chaque impulsion alimente le ressort moteur tout en activant l'indicateur de réserve de marche.

La Streamliner explore encore de nouveaux formats avec des versions deux aiguilles de 34 et 28 mm. Pas de seconde, pas de logo : l'essentiel, servi par des cadrans texturés aux reflets changeants.

Plus radicale, l'Endeavour expose répétition minutes et tourbillon volant à spiral cylindrique à travers une architecture entièrement ouverte. Ici, le choix du titane, travaillé comme une caisse de résonance, amplifie la pureté du timbre.

Enfin, avec l'Endeavour Perpetual Calendar Concept Tantalum, H. Moser & Cie. poursuit son travail de dépouillement. Boîtier et cadran en tantale massif, affichage réduit à l'essentiel, débarrassé de toute complexité apparente. Des propositions cohérentes qui confirment que la manufacture tient sa ligne et n'a aucune intention d'imiter qui que ce soit.